Jan 24, 2009

Le livre d'heures [d'hiver]

L’hiver, ici. J’aime au final ces heures sombres qui portent bien leur nom en anglais – twilight, betwixt the light – car elles précédent l’aube et suivent le crépuscule. Le matin, en salle 107, cours de thème du vendredi. Dehors, les bâtiments, la chapelle d’en face, les arbres et le ciel se confondent dans des écharpes de bleu nuit – mais à une fenêtre, dans l’interstice entre encadrement et rideau, une seule ligne dorée. Bougie ou lustre ? On n’en saura rien. Il pleut et vente toute la journée, les rues crient comme des banshees. L’après-midi est déjà entré en collision avec le soir quand je sors du lycée ; la chape des nuages est de nouveau d’un bleu sombre et elle recouvre tout, sauf à l’ouest : entre l’autoroute et les nuages, une bande de ciel, jaunie-orangée par le soleil couchant, très claire entre les arbres. Là-bas – aucun nuage, et le soleil est allé se coucher derrière un immeuble. La sensation qu’il faudra toujours chercher l’horizon, parce qu’ici n’est jamais là.

5 comments:

May said...

A chaque fois que je viens ici, je lis. Je trouve les mots justes, très justes.
Et puis, j'ai envie de commenter, de laisser ma petite trace, de dire "j'ai lu, j'ai aimé"... mais je reste sans voix. Je crois que c'est parce qu'il n'y a rien à rajouter. Tout les mots sont là où ils doivent être.
Ainsi, je trouve toujours que mon commentaire serait un peu déplacé face à l'article. Alors, je n'écris rien.

Aujourd'hui, je te le dis. J'aime beaucoup. Tes phrases sont harmonieuses.

A bientôt.

Melendili said...

L’après-midi est déjà entré en collision avec le soir quand je sors du lycée (...) La sensation qu’il faudra toujours chercher l’horizon, parce qu’ici n’est jamais là.

Ces deux phrases sont juste ultra cosmiques ^^ J'aime ton appréhension du cosmos (^^), la collision des heures et des jours .... waouh

V. said...

Une fois de plus je ne sais que dire, peut-être plus encore que d'habitude, c'est tellement beau, merveilleusement beau, et simple, tout ajout, même caché comme un commentaire, est de trop, il brise l'harmonie, comment veux-tu qu'on commente quand il faudrait accueillir ton texte dans un silence peut-être pas religieux, mais de contemplation ! On dirait la beauté d'un matin de givre, quand tout est encore entre gris et bleu, et que la voix semble fissurer les objets...
C'est magnifique !

gmc said...

DAWN IN PINK

Matin rose
Sur lequel l'orange
Badine avec le fuschia
Sortant des brumes
De la nuit envenimée
Par les rêves

Matin rose
Aux pages d'écuyères
Que des liserés blancs
Font approcher du jour
Qui sourit déjà
D'un gris d'étincelle

Anonymous said...

Oui en te lisant c'est comme un paysage à peine esquissé qu'on entrevoit, sans savoir s'il existe vraiment. Mais c'est à ça que servent Les Mots :)

nanis