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Jun 16, 2009

Dancing the Happy Dance

Les nerfs.
Hystérie.
Euphorie.
Je les ai, je les ai!
Restent les oraux.
Je croise les doigts.
Je suis heureuse.
Les profs nous ont payé à boire cet aprèm, en terrasse.
Il faisait beau.
Je suis heureuse, heureuse.

Jun 11, 2009

Never a frown, with Golden Brown...

Le trac, le trac, pour la fête de fin d'année. En espérant ne pas bafouiller, ne pas oublier les répliques, ne pas se tromper de moments, ne pas avoir l'air trop désespéré et ahuri(e), faire tout bien, quoi.

Mais au moins j'ai le clavecin de Golden Brown, et des envies de savoir ce que c'était, le début du XXème siècle...

May 30, 2009

The Fine Line

Quand on a la poisse...

Magnifique mail de l'ENS jeudi soir, afin de nous prévenir qu'en raison d'une "erreur humaine", certaines copies avaient été perdues. Dans un grand élan-zet-souci d'équité, nous repasserons donc l'épreuve de géographie samedi prochain.

Et moi, naïve, qui pensais que le week-end de Pentecôte allait être long et non-studieux.

La phase d'hystérie est finie, quand même. Après les larmes de dépit, de frustration, il y a le silence radio résigné de l'esprit, du coeur. Une impression nébuleuse que tout ceci est un mauvais cauchemar.

A part cela, les roses fleurissent, un peu de baume au coeur. Les iris promettaient aussi d'être beaux, mais la tempête d'il y a quelques jours les a fauchés. Je mange des macarons, je lis Le Clézio, des récits de voyage en Grèce et autres pays intensément lumineux. J'écris, aussi. La vie semble se ralentir. Et le ciel est bleu, bleu.

Mais aucun bleu ne pourrait être aussi intense que celui du ciel de Saragosse, sous un soleil de début d'août. Ce sont des souvenirs pareils qui gardent en vie, finalement, qui maintiennent le pouls dans sa torpeur.

May 3, 2009

Interlude

C'est fini. Vendredi le 25/04 - fin des écrits. Et puis là, ce sont les vacances qui s'achèvent - qui eût cru que les vénérables et vénérés professeurs de K nous eussent ordonné de ne rien faire? ("Vous me promettez, vous ne touchez ni à un stylo, ni à un livre!" Mais bien sûr.)

En attendant demain 14h, reprise des cours (même pas allégés de la philo, l'histoire et la géo, puisque tous les profs ont déjà prévu de nous submerger de khôlles), je lis Char. Envie d'ailleurs, de minimalisme.

Et j'ai vu Howl's Moving Castle. Love it.

Apr 14, 2009

Bientôt

Et toute la machine infernale qui se mettra en marche


vendredi.


[Mais le cerisier est en fleurs, il ne donnera jamais de fruits, mais lorsqu'on ouvre la fenêtre, on sent déjà l'été, le sud, dans les lourdes corolles roses qui l'ornent; je relis Nedjma, je ne peux plus me séparer de ce livre, j'ai les équinoxes et les beings plein la tête, et puis, l'envie de voyager, revoir nyc, frisco, et toutes les belles choses de la vie.]

Feb 2, 2009

Photos-Souvenirs

Vendredi. La classe ensoleillée à 16h, pendant le cours de philo. L’impression, pour une fois, de sentir une trouée dans les nuages. Samedi. Paris-Diderot. La nouvelle qui arrive au niveau du périph – il y aura un vide pendant cette journée, les amphis à 700 personnes pour 400 places, le monde, l’esbroufe de la prise de notes à l’ordinateur pour certains, la chaleur, mais aussi le prof qui a des allures de Gavroche [casquette, grand manteau, galoches, écharpe au vent], l’attention que tous manifestaient, les moments captivants, le témoignage bouleversant de l’ami de Kateb. Tout de même, la joie de partir le matin avant tout le monde, de ressortir à l’air frais, de faire des méandres dans les rues, plan à la main, pour retrouver la station de métro. Et puis Elle, la crêperie, les fous rires – la preuve de la rencontre de deux K, c’est que le seul sujet de conversation, eh bien, c’est la K. Mais qu’est-ce que j’ai pu rire… Le regret de quitter Paris, tout est dans le fugitif. La flemme tout le reste du weekend, l’immersion dans la musique pour oublier et pour se souvenir. Lundi, on reprend, on recommence, toujours. La neige, aussi brusque que fugace : au petit matin, le ciel expirait des flocons qui semblaient flotter de nulle part. A midi, la blancheur était déjà souillée par les points de rouille des mégots de cigarette, la boue brune et mi-liquide dans les rues. A 16h, il ne reste quasiment plus rien. Je n’ai pas encore révisé l’histoire pour mercredi, les devoirs s’empilent, mon bureau ne ressemble plus à rien sous les feuilles, livres et autres… objets non identifiés qui s’accumulent. Pour pallier les vacillements trop intenses, les vertiges trop ténus, j’ai acheté une nouvelle carte postale, celle qui ressemble à un marque-page et qui montre des paysages du monde entier. J’ai tellement de cartes postales que je commence tout doucement à tisser des espaces, à coudre ce qui pourrait avoir l’étoffe d’un monde. Mais je n’ai pas les mains assez habiles, l’aiguille me pique trop, et mes doigts sont rapidement en pièces. Cela viendra, j’espère.

Jan 24, 2009

Le livre d'heures [d'hiver]

L’hiver, ici. J’aime au final ces heures sombres qui portent bien leur nom en anglais – twilight, betwixt the light – car elles précédent l’aube et suivent le crépuscule. Le matin, en salle 107, cours de thème du vendredi. Dehors, les bâtiments, la chapelle d’en face, les arbres et le ciel se confondent dans des écharpes de bleu nuit – mais à une fenêtre, dans l’interstice entre encadrement et rideau, une seule ligne dorée. Bougie ou lustre ? On n’en saura rien. Il pleut et vente toute la journée, les rues crient comme des banshees. L’après-midi est déjà entré en collision avec le soir quand je sors du lycée ; la chape des nuages est de nouveau d’un bleu sombre et elle recouvre tout, sauf à l’ouest : entre l’autoroute et les nuages, une bande de ciel, jaunie-orangée par le soleil couchant, très claire entre les arbres. Là-bas – aucun nuage, et le soleil est allé se coucher derrière un immeuble. La sensation qu’il faudra toujours chercher l’horizon, parce qu’ici n’est jamais là.

Jan 17, 2009

Cascabelles et Mississippi

Bavardage. Elles gaspillent leur souffle, ne voient pas que de parler ainsi les rapproche toujours un peu plus vite de la mort au moment même où elles ont l’impression d’en être le plus éloignées. Une parole qui s’éparpille, qui n’est soudainement plus rien, un simple hochet qui finit par résonner comme une cascabelle dans l’esprit.

Ici, la neige a disparu depuis longtemps, mais le froid persiste en demi-teinte. Bien sûr, il ne fait plus -5° mais la terre ici a encore besoin d’un peu de gel. Eliot l’a bien dit : « April is the cruelest month of the year, breeding lilacs out of the dead ground… », avec la voix rauque et traînante. La pluie a tout balayé, mais n’a apporté même pas un semblant de ‘chaleur’. Cet après-midi, le soleil est là, avec du vent, et tout le jardin est constellé de gouttes d’eau. Je n’ai jamais ressenti un tel besoin de printemps, si fort et si précoce. J’ai peur que le Prunus ne refleurisse pas, et j’ai peur que le printemps n’arrive pas assez vite. J’ai envie de crier que je me sens vidée, incapable de continuer, que j’ai besoin d’un nouveau souffle, et vite. Encore le désir de partir, pour tout laisser de côté. En écoutant Cabrel, l'envie d'aller faire un tour vers la cabane du pêcheur.

En attendant l’équinoxe, on tente un hiatus avec l’écriture.

We’re reading Faulkner, As I Lay Dying, and I can’t help seeing a reflection of one’s soul in it. The tale of the slow, insidious shattering of a family after the mother’s agony and death, As I Lay Dying is told in a strictly polyphonic manner, and the seemingly obvious reality of the Mississippi county is eventually caught in a spiral of questions as each character’s subjectivity, sometimes going as far as solipsism, emerges and asks to be considered as an authority.
The departure of one member of the family is enough to unravel the other characters’ frantic thoughts as the mother was probably the only thing holding them together. In this respect, the departure of the mother implies the appearance of family secrets that give at least a partial explanation to the latent tensions. Jewel was his mother’s favorite – her ‘gem’ – but all along, he is thought to be the most uncaring, insensitive child: the jewel’s beauty, conceived in adultery, is coupled with a violence that the young man will never be able to shove aside completely; but he does prove the gossiping neighbors wrong when he is the one, at the end, who rescues the mother’s casket from the barn fire. Dewey Dell, after dealing with her mother’s death, has to deal with another life that she did not want to see appear: the result of her relation with Lafe, a relation she tries to keep secret but which she suspects Darl has already guessed the existence of. Darl, her older brother, probably knows many things, as is indicated by his having the most sections in the book, though he is rarely present as something more than a silhouette. He is the one that has the most acute eye for details, the most prone to speak a poetic faulknerian language, even though he is no more educated than the others. He is the one we are led to trust as the most reliable narrator, and he is the one who will become crazy in the end.
One of the striking features in this novel is the discrepancy between the uncouthness of most characters and their ability to put into words – even if it’s nothing more than some confused gibberish – the sensations they get from watching the landscape, or witnessing the situation. This discrepancy is coupled with another one between the characters’ poetic capacities and their complete inability to communicate among each other – excepting, to some extent, the communication ‘without the words’ between the three siblings Dewey Dell, Darl and Vardaman, who almost become ‘twins’ in the way they express themselves when possessed by the identification with their dead mother. When most characters have to exchange information, their words are stripped down to the barest minimum, leaving almost skeletons of words that mirror, in a Shakespearian reminiscence, the influence of a barren, overpowering landscape on the characters that are mere prisoners of the wider drama of the elements.
But of course, there is no need for suspension of belief, or any novelist trick like that – what Faulkner aims to show here, among other goals, is that even though people seem to be unable to use the normal, everyday language to communicate and, more importantly, express themselves, that does not mean they are not able to ‘enjoy’ a wide spectrum of sensations and/or feelings that they can word into their own language (which does not necessarily pass through words).
All this to say that the novel almost vibrates with a kind of desperate energy, desperate to grasp the true essence of humanity, one that would go beyond any philosophical systematization, one that would prove that fiction is a perfectly relevant way to consider what it means to be human, ‘too human,’ would have said Nietzsche.

Jan 6, 2009

bref.

lundi je me suis réveillée à 7h j'ai fait mon sac à 7h30 j'ai oublié mon agenda mes gants et mon bonnet j'ai failli oublier mon portefeuille il avait neigé il faisait froid première note de français concours blanc = bâche midi dans les rues de valenciennes et que j'ai failli faire en patinoire le grand écart plus salto arrière le panini poulet du fournil de mon enfance à midi j'ai même la carte fidélité thème anglais puis dodo l'après-midi mardi le refrain maternel il fait froid couvre-toi résultat la tenue de sport hyper chaude et hyper pas confortable du tout j'ai corné mon bel agenda sans le faire exprès irrécupérables (l'agenda et moi) j'ai pas d'idée j'écris en plein cours d'anglais j'ai sommeil la cantine toujours égale à elle-même j'en ai marre oh et puis zut je veux dormir.
la rentrée, quoi.

Dec 19, 2008

Statistiques

Le temps est venu de déposer le bilan.

Le rituel khâgneux du Concours Blanc, familièrement appelé CB, s’est déroulé du samedi 13 décembre, à 8h, jusqu’au vendredi 19 décembre, à 14h.

Samedi : Géographie, 5h. Santé et environnement dans l’Afrique subsaharienne.

Lundi : Français, 5h. « Diderot semble vouloir combler la brèche entre l’image et le texte par un va-et-vient constant du mot à l’image et de l’image au mot et ce, même dans l’Encyclopédie qui oscille pareillement entre texte et planche. Il crée verbalement des images pour accompagner, comme en parallèle, les tableaux qu’il a vus : ces images supplémentaires contiendront souvent plus de détails que la description du tableau proprement dite ». Antony Wall, Ce corps qui parle. Pour une lecture dialogique de Denis Diderot. Montréal, XYZ éditeur, 2005, p.229. En quoi cette affirmation éclaire votre lecture du Salon de 1767. Ruines et paysages ?

Mardi : Histoire, 6h. Les libertés en France dans la seconde moitié du XIXe siècle. [En petit, en bas, a été rajouté : « Vous traiterez le sujet ci-dessus ». Non, sans blague.]

Mercredi : Spécialité, Thème Anglais, 4h. Extrait de La Conversation amoureuse, Alice FERNEY, 2000. [Une femme de 36 ans amoureuse d’un homme qui en a 72.]

Jeudi : LVA Anglais, 6h. Extrait de A Domestic Dilemma, Carson MacCullens, 1951. [Une mère alcoolo, et un père qui veut protéger ses enfants, ressent de la haine à l’égard de sa femme, mais finalement comprend ce qu’est toute la grande ‘complexity of love’.]

Vendredi : Philosophie, 6h. L’exigence républicaine est-elle nécessairement au cœur de toute politique légitime ? [Qu’on me pende si le professeur a une seule fois prononcé « exigence républicaine » dans le cours.]

Au total ? 19 copies doubles effectivement, 16 copies et ¾ exactement, 67 pages noircies. 5 bouteilles d’eau, environ deux douzaines de Pims’ framboise-cassis. Un prof de philo qui tente vainement de lutter contre le sommeil pendant les 3ème et 4ème heures de surveillance, et réussit à s’endormir, et à ronfler pendant 5 minutes lors de la 5ème heure. Une prof d’allemand qui ramène deux boîtes de Ferrero Rocher, auxquelles les ¾ de la classe ne toucheront même pas, mais qui seront tout de même consommées en 2 jours. Un prof de géo dont la sonnerie de téléphone indique les heures qui passent et se compose d’une synthèse de 4 (ou 5) chants de Noël. Un prof de français qui ramène trois boîtes de chocolats pour la dernière épreuve. Et un prof d'anglais, qu'on se demande s'il est pas névrosé - le jeu étant maintenant, quand nous recevons un texte à étudier ou à traduire, d'y trouver ZE problème relationnel, le coeur des relations conflictuelles.

Et maintenant ? Eh ben, je lis Harry Potter, j’écris les Beings, j’écoute Cold Play (Lovers in Japan) & Pink Martini, et je veux partir, vite.

Dec 18, 2008

Marre.

Juste parce que j'avais envie de le dire.
Juste parce que je me suis battue tout cet après-midi avec la dernière version de windows live machin truc chose 2009, qui en fin de compte, est d'une nullité absolue-zet-effarante. Et on peut même pas l'enlever, et la remplacer par l'ancienne. ('Fin, JE ne peux pas l'enlever et ainsi de suite, vu mes compétences informatiques.) C'est pas indispensable à la vie, ce truc-là, mais quand ça s'ajoute à la liste déjà longue des choses-qui-foirent...
Juste parce que demain, j'ai ENCORE une épreuve. Philo. Et vu comme le prof zappe nos cours, j'ai envie de faire réciproquement, et de faire un beau zappage d'épreuve.
Juste parce que je n'ai pas le droit de me plaindre.
Et puis voilà.

Dec 13, 2008

Scrapbook #1

« The day I realized she was beautiful was also the day I began to feel like a puppet, with a soul too small for its wooden body, too lithe for its wooden limbs. That day she told me about reality, saying it was just outside the door, I asked her if I was real. She answered, ‘Yes, of course, dummy. We are all real. Why wouldn’t you be?’ I turned away. »

Je lis CLAMP [Tsubasa Reservoir Chronicles & xxxHolic]. Je mange des poivrons rouges, des clémentines, des chocolats. J'écris un peu n'importe quoi. Je voyage en esprit: à NYC, à Frisco, au Japon - et des endroits où il n'y a personne. J'essaie d'apprendre à comprendre la calligraphie des veines, même si mes mains sont de plus en plus souvent froides. J'ai envie de de danser dans la neige. Je rêve de beaucoup de choses, je construis des mondes, je parle à des absences, je discute avec des fantômes. Je pense à [lui]. Je note ce que j'entends, les bouts de conversation saisis au vol. J'en fais des 'scrapbooks.' Je ne me sens pas de réviser.

Et j'ai commencé le rite khâgneux du Concours Blanc ce matin, avec 5h de géographie.

Dec 1, 2008

Avoid the eyes

[It's as simple as one two three
As simple as that.

And I wish I could tell him everything
Everything that's on my mind.]



Ce week-end, ce fut les crêpes, et puis la catabase dans Nerval. Je dis bien catabase, car il me semble que dans les Chimères, sourd une lutte terrible contre la mort. Mais pas la mort habituelle - plutôt la mort qu'est la folie médicale, cette dépossession de soi-même. Voilà pourquoi Nerval refusait d'être fou, ou du moins, refusait de voir sa poésie comme le produit de sa folie. C'eût été nier sa propre capacité à écrire, son propre talent.

Ce fut aussi le week-end de résolutions, sensées ou non, afin de cesser d'étouffer, de pouvoir respirer un peu plus. Créer un espace où les perspectives puissent insuffler un peu de vie dans ce sang qui se fige un peu trop vite, afin qu'il aille irriguer les plus fines veinules, amplifier les moindres sensations. Tout est dans le 'un peu' - jamais de superflu (car ce corps qui prend déjà trop, trop d'espace... et ceux qui disent le contraire ne comprenent pas sa géométrie particulière).

Je ne supporte pas de laisser tomber. Ni les choses, ni les gens. Mais parfois, il faudrait apprendre à échouer. Ou plus exactement, à s'échouer. Se décevoir soi-même pour rendre tangibles à ses yeux ses propres limites. Et faire l'expérience d'un oubli interne, s'échouer sur une grève inconnue ou oubliée de l'esprit, afin de se reposer quelque temps. Je reprendrai jeudi donc, les mains un peu tremblantes, le regard un peu noyé. Le froid de la nuit, les étoiles comme des points de diamant parmi les sapins, tout cela se chargera assez bien de mettre un peu de baume si les plaies se sont rouvertes. Et info pour les abonnés sarrasins: les ambulanciers ont commencé à allumer les lumières de Noël à partir de 17h. Et moi, j'ai envie de crêpes, de Nutella, et d'allumer une bougie sur le rebord de la fenêtre, en attendant minuit, et la lune.

Nov 14, 2008

Ou comment tout se tient

Soirée épique.

Le Tartuffe, au théâtre de Lille, hier (jeudi) soir.

Le trajet en bus, et les compositions à quatre voix ; la nuit qui s’avance en nappes amples ; la lune très ronde ciselée par les arbres.

La Grande Place, la ville la nuit, le chocolat chaud.

Les billets, la répartition des places, les points de relief pendant les quelques minutes juste avant. Les parfums, les éclats de voix, la chaleur ambiante qui feutre toutes les sensations.

Les spéculations et rebondissements en tout genre. L’affaire JL fut vite expédiée – au grand désespoir de certaines. Mais d’autres ont dû avoir quelques souffles au cœur ce soir-là…

Un décor minimaliste et moderne pour une représentation époustouflante. La salle est devenue bulle de rire.

[Mais une soirée là-bas voulait dire une soirée sans J.]

Le retour, le reflet dans la vitre aimerait bien rentrer dans le bus, où les lumières bleues sont petites et douces.

Le blues est un vieil ami, disons même, un frère jumeau.

PS to my Hopper friend: the ideas are coming. The writing will be over for tomorrow evening, with some luck.

Nov 12, 2008

accrocs

une khôlle de philosophie géniale ('faut-il gouverner à vue pour être un bon politique?') - résultat: on se sent tout de suite un peu plus révigorée un peu plus prête à repartir...

et khôlle de géographie - le prof, cassant? non - il suffit de jouer la carte de 'je ressors la conférence de l'année dernière dont le prof pensait qu'on ne se souviendrait plus' ... (et de gérer le temps correctement mais ça c'est une autre question)

on n'avait besoin que de ça. surtout que les bâches accumulées commençaient à plomber le moral. il reste encore des points d'ombre des angoisses mais il faisait si beau aujourd'hui une magnifique journée d'automne. et l'église de valenciennes maintenant qu'elle est rénovée est si blanche contre les nuages.

les projets d'aller au musée juste à côté du lycée après les cours pour regarder. et demain - lille et tartuffe. on reviendra tard mais on aura sûrement gagné une balade entre amies lille la nuit peut-être un panini et la possibilité de voir les étoiles à 11h du soir.

tant pis pour la salsa. les illusions tombent moins douloureusement ce soir comme les feuilles par la fenêtre. les feuilles noires contre un ciel plus sombre encore mais profondèment vivant. la pluie de l'autre côté de la vitre la pluie bleue des crépuscules est toujours belle. elle enseigne la patience l'attente. tout ça pour glaner un sourire, un coup d'oeil. [wouldn't i like to be / beautiful and wild / something special / something never seen before]

et ce fichu coeur qui dessine des arabesques dans l'esprit le bleu est partout sur les doigts les lèvres les yeux un peu embués je t'aime moi non plus à voix basse dans ces églises de basalte ah la belle vie la sale vie tatouée partout sur les pavés

et ce fichu coeur
la nuit sous le réverbère
en mille pièces sur les pavés
scintillants de pluie

Nov 8, 2008

En 6 heures.

Les campagnes françaises et la politique de 1848 à 1880.

(Où comment traiter un non-sujet avec un non-cours.)

Oct 18, 2008

Post-scriptum


Aujourd'hui: les premiers Ferrero Rocher de la saison.

5h de DS sur Gargantua. La boîte en fer pour les sachets de thé Beatrix Potter. Les dernières notes de Gate 22.
Je pourrais vous dire que j'ai été boire en ville un mocha brûlant, qu'il a neigé à peine mais juste assez pour donner une apparence de légèreté aux gratte-ciel.
De toute façon, comme le dit Fellini: For me, the things that are most real are the ones that I invented.

Oct 5, 2008

Pluie du dimanche

On finit par s’habituer à tout, même au Nord. Dimanche matin, 8h, les grandes bourrasques, la pluie qui déferle en lames et qui, dans le vent, prend un aspect fantomatique, les livres qui s’entassent, les parfums de café en bas… On se croirait en novembre. Cela en devient presque agréable d’aller en cours, de prendre les notes au chaud tandis que le froid se casse les dents sur les toits métalliques, au-delà des vitres.

Salle 107. Une seule fenêtre, haute et étroite. De l’autre côté de la rue, la chapelle du lycée catholique d’en face, à demi-cachée par un arbre qui résiste encore à se faire dépouiller. Les teintes : gris plomb pour le ciel, marron pour la brique, vert sombre pour ce qu’il reste de l’arbre. Le tout a un petit air d’Oxford.

Les tenues d’hiver ont du charme. J’ai hâte d’être en décembre, pour pouvoir descendre en ville à midi, skipper la cohue de la cantine et me balader dans le froid. Bientôt les rues décorées, les parfums des fêtes, ces épices d’hiver.

J’ai vidé entièrement les malles que j’ai trouvées dans les recoins. Des cartes postales, des vieux livres, beaucoup de musique aussi, et des souvenirs de la salsa.

Je n’en demande pas moins, pas plus.

Sep 27, 2008

Post-partying

Quelque chose se désagrège très lentement. Quoi, je ne sais pas très bien. Ou, du moins, je n'ai pas trop envie de savoir. Il y a les souvenirs, beaucoup de souvenirs. La musique, les néons, les alcools ambrés dans les verres, les éclats de rire, la nuit. Apollinaire, comme une psamoldie. Et puis le jour d'après, le choc avec la réalité. Voilà ce qui s'est passé quand on est parti mais que les autres continuaient de s'amuser. Et on commence à se rendre compte de la distance vertigineuse qui séparé ces quelques heures d'une intensité folle et la vérité clinique du matin qui pointe sur des tables froides, des cours disséqués, des regards alourdis par ... 4h à tout casser de sommeil. Apprendre les dernières nouvelles, même si ça fait mal. Savoir qui, quand, pourquoi. Comment. D'abord une envie de partir, de grande solitude. Puis ... puis, on verra bien. Il y a des choses qui mettent du temps à cicatriser. Il y en a d'autres qui ne cicatriseront jamais. A force, les échecs qui s'accumulent, ça commence à faire beaucoup. Un peu trop même. Mais comment faire autrement? C'est sûr que toujours rejeter la faute sur les autres, ça n'aide jamais. Il faut "prendre sur soi". "Prendre ses responsabilités". Le problème se pose quand l'unique sentiment qu'on ressent lorsqu'on est sur le point d'aborder des gens inconnus, c'est la panique. Je ne parle pas de l'Inconnu en général. Tant que c'est pas humain, ça va. Mais quand ça entre dans la sphère humaine... Parfois on préfère se replier sous l'écorce, se protéger par l'éloignement, quitte à avoir encore plus mal dans la solitude.

Il faudra bien un jour se libérer.

Jun 4, 2008

Boris Vian : les fractales du jazz

Bebop aime les cocktails sucrés du Harlem
Orchestra Bar ; Bebop vit pendant l’heure bleue,
rythme de la ville qui s’éveille, moirée,
irisée sous ses pavés ; Bebop connaît chaque
secret des persiennes qui cachent pianos et
violons efflorescents ; Bebop se fout de son
identité, toujours d’ailleurs ; Bebop est
Amoureuse, Bebop est belle, et dans les rues de
New Orleans, Bebop pleure.

En HK, on fait inévitablement des rencontres décisives. La première s'est produite dès le premier jour: une archange qui faisait un stop prolongé sur Terre. Une archange violoncelliste, qui s'appelle Hachi et qui aime Boris Vian et Henri Michaux. Alors forcément, quand vous connaissez les archanges, vous avez même l'occasion de rencontrer des morts. Ainsi, Hachi m'a présenté Boris Vian (ou Vernon Sullivan, pour les intimes). J'avais déjà quelques notions préalables. Boris Vian: ce fou qui faisait de grandes fêtes, qui a écrit 'Monsieur le Président' (chanson interdite donc intéressante), et L'Ecume des jours, roman très beau et très triste (dont je n'avais lu que des extraits).
Et l'archange m'a fait prendre conscience de la profondeur effrayante-zet-abyssale de mon ignorance. Moi qui me prétendais amoureuse de poésie, de jazz, de Beauté, je n'avais pas lu Boris Vian... J'ai donc fureté sur le web et dans ma bibliothèque. J'ai appris que Vian était un surdoué intellectuel. Qu'il était tout autant poète que dramaturge, romancier que musicien. Qu'il était membre du Collège de 'Pataphysique. Que le jazz (ainsi que blues, bebop, tango, java, valse, etc.) constituait une partie intrinsèque de sa vie. Qu'il est lié à jamais à des grands noms, comme Duke Ellington, Miles Davis, Louis Armstrong. Que c'était lui l'inventeur du piano-cocktail (et autres). Qu'il maniait merveilleusement bien les mots, en inventant si nécessaire. Sa vie même fut poésie.

Il me faut rattraper le temps perdu. Le poème 'Bebop' est donc un modeste hommage à ce génie et à Hachi.
Merci.