Feb 24, 2009
Feb 2, 2009
Photos-Souvenirs
Jan 24, 2009
Le livre d'heures [d'hiver]
L’hiver, ici. J’aime au final ces heures sombres qui portent bien leur nom en anglais – twilight, betwixt the light – car elles précédent l’aube et suivent le crépuscule. Le matin, en salle 107, cours de thème du vendredi. Dehors, les bâtiments, la chapelle d’en face, les arbres et le ciel se confondent dans des écharpes de bleu nuit – mais à une fenêtre, dans l’interstice entre encadrement et rideau, une seule ligne dorée. Bougie ou lustre ? On n’en saura rien. Il pleut et vente toute la journée, les rues crient comme des banshees. L’après-midi est déjà entré en collision avec le soir quand je sors du lycée ; la chape des nuages est de nouveau d’un bleu sombre et elle recouvre tout, sauf à l’ouest : entre l’autoroute et les nuages, une bande de ciel, jaunie-orangée par le soleil couchant, très claire entre les arbres. Là-bas – aucun nuage, et le soleil est allé se coucher derrière un immeuble. La sensation qu’il faudra toujours chercher l’horizon, parce qu’ici n’est jamais là.
Jan 6, 2009
bref.
Jan 4, 2009
Solitude Standing
Je nage en pleine crise. Les Beings se dérobent à qui mieux mieux, et je saisis maintenant les migraines dont peut souffrir un démiurge face au problème épineux de la création d’un Mônde. En plus les gens réclament un nom, quelque chose qui leur convienne. C’est qu’ils ont de ces exigences… Celui qui croyait que les avoir créés était raison suffisante pour les contrôler entièrement devait avoir sacrément picolé la veille. Je ne sais même plus en quelle langue je devrais écrire.
Je me suis racheté des cartes postales pendant l’après-midi resto-ciné avec A. Il faisait froid dans les rues de Valenciennes. Puis, de retour à la maison, la famille d’un ami à mon frère était là. Et quand eux sont partis, le ciel était noir, avec des reflets orange, et le ciel neigeait.
« Il y avait un grand vide, dans lequel une épine était fichée, et puis le vide saignait. »
Un vrai mois de janvier, tout ce qu’il faut de stérile, de gelé, de morne. Même pas une montagne ou deux pour purifier l’atmosphère.
Et puis il y a tout ce que j’ai à faire aujourd’hui et que je ne ferai pas. J’ai envie de croire encore (un peu) à l’infini.
« Après tout, on a beau connaître les bouquins, eux ne nous connaîtront jamais. »
C’est sûr qu’ils ont besoin d’être lus pour exister, mais ils n’ont pas besoin de nous singulièrement. C’est ça qui est un peu triste, dans la lecture. Le livre s’offre, mais il ne s’offre à personne en particulier. L’auteur écrit, il écrit pour nous tous, mais jamais pour nous en particulier, jamais pour nous qui apportons notre lot de qualités et de défauts, notre paquet de chair, d’os et de sang. Le vrai amour des livres est totalement désintéressé et sans retour. Eux sont en revanche dûment intéressés, nous pompant la vie jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que la signification de ‘vie réelle’ nous échappe.
C’est ça, ou presque. Car on s’habitue à ces êtres légèrement vampiriques, qui donnent la même réponse, sans tenir compte de l’identité de celui qui a posé la question. On s’habitue aux fantômes turbulents d’auteurs et de personnages, qui finissent par apparaître en décalqué sur ce qui se passe autour de nous. Même chose pour les mythes, les légendes. Là-bas, avec les autres, on rit de ces croyances superstitieuses ; mais ici, quand il n’y a personne, on les cherche toujours, espérant les apercevoir.
On n’a qu’à aller casser quelques miroirs, histoire de confirmer la présence de ce « jinx » ; puis on ira écouter Lovers in Japan en attendant que le temps passe.
Dec 25, 2008
Ici.
Merry Christmas
Feliz Navidad »
Un Noël qui passe tout doucement, sans faire de bruit, sur la pointe des pieds. Il n’y aura pas de neige cette année, et le rituel est bouleversé – Père Noël est passé pendant le Réveillon, et le Jour de Noël paraît extraordinairement solennel, avec la famille et les invités, et le déjeuner qui aura duré environ 2h45 (stricto sensu, pour les ‘enfants’. Pour les ‘adultes’, comptez une demi-heure de plus). Ici, la vallée est entourée de montagnes est une boule de verre qui protège un univers fragile, éphémère. Nous partirons sous peu, fêterons la Nouvelle Année dans un pays qui n’est pas le mien, dans un monde où, parfois, j’étouffe.
Mais il y a toujours le froissement du papier cadeau qu’on ouvre, le craquement du feu de cheminée, les cadeaux auxquels on ne s’attend pas, les moments de fous rires, les journées consacrées aux Beings, les jolies tenues qu’on essaie pendant des heures, et puis les montagnes, le ciel très bleu hier, la neige au « Prat », les poinsettias, le feu de cheminée, les films de Noël, et l’envie irréductible de rester dans un endroit où le temps est suspendu, où l’esprit est apaisé, où l’on aurait envie de s’envoler vers le sommet de la montagne d’un blanc immaculé, là, tout là-bas, à l’horizon, et cette impression que jamais demain n’arrivera puisqu’aujourd’hui est bien trop beau, la sensation qu’on ne peut jamais étouffer ici. La vie est ténue ici, non qu’elle soit fragile en elle-même, mais elle tourne autour de petites choses, de silences. J’irai à l’église du village en fin d’après-midi, pour apprendre à écouter de nouveau ce silence.
Et ce qui me manque le plus dans le Nord, c’est le ciel bleu d’ici. Bleu, comme le jazz, comme le papier cadeau chamarré, comme les pointes des bougies, bleu comme la couleur des rêves.
Dec 22, 2008
[Only in]
Dec 6, 2008
comptine d'une après-midi d'hiver [vrac]
Les réminiscences pêle-mêle de cette semaine : les croissants de lune le soir, le rituel du jeudi soir, les clémentines – et puis les invités du vendredi soir, après 9h30 de cours, les éclats de rire et les pics de fatigue. J'apprends le froid et l'irrésistible envie de se fermer que les paupières ont toujours au mauvais moment.
Et puis les macarons [chocolat, citron, framboise] qu’on mange sans réfléchir, les arômes de chocolat chaud et de cannelle, les ongles qu'on lime le soir en écoutant Gershwin [Rhapsody in Blue].
Le salon de la maison face à ma fenêtre semble être une alcôve, une avancée circulaire du mur. Les fenêtres sont de taille moyenne, et à présent, quelques lumières – un petit point orange qui ne vacille pas – les entourent. Je crois qu’on peut même voir un sapin à l’intérieur.
Enfin, ce matin – pause coiffeur. J’aime ce petit salon – à présent entièrement décoré de rameaux de sapin et de boules argentées. Les odeurs, dont celle de la laque, y sont particulières – douces, apaisantes, familières, réconfortantes. Je suis revenue chez moi à pied, profitant d’un ciel encore dégagé, d’un bleu ténu et presque cristallin. Crochet par la boulangerie [Banette Legrand].
En fait, j’aimerais être une de ces danseuses minuscules de porcelaine qu’on trouve dans les boîtes à musique – vous savez, ces boîtes qui, quand on les ouvre, laissent échapper une mélodie presque obsédante, et la danseuse, pendant ce temps, tourne sur elle-même dans le velours rouge de la boîte. Voilà, une danseuse de porcelaine qui a toujours dans la tête les airs d’Amélie Poulain.
Note to self – and to the a.a.: fine. I’ll stop talking about [J]. But it’s still killing me inside.
Dec 1, 2008
Avoid the eyes
Nov 26, 2008
theaters

Nov 23, 2008
Nov 22, 2008
esprit nei-gisant.

on lève la tête du thème d'anglais (nana, zola) à 9h36 et: la neige.
en gros flocons mouillés, qui fondent immédiatement.
les mandarines juteuses, dont l'intensité du parfum est inversement proportionnel à la taille. prendre les plus petites, celles dont l'arôme est juste ce qu'il faut de sucré, celles qui ont le plus de saveur, des soleils en miniature. à déguster avec un carré de 1848 (non, pas la 1ère date du programme d'histoire de lyon) aux éclats de noix de pécan grillés.
à 17h12 sur la place d'armes, les flocons étaient violets avec les lumières des décorations.
les décorations au centre commercial, le jazz et les chansons de noël, le grand manteau gris, les lumières la nuit sur la place, le monde, et toutes les choses qu'on rêve de faire, mais qu'on ne peut pas faire, parce qu'on fait du shopping avec les parents [chocolat chaud, boutiques de déco, achat de livres et de cartes postales-marque page, bottes], l'espoir insensé de l'apercevoir dans la foule, entre deux flocons.
mais rien, toujours rien. juste la neige, qui fait du bien, qui apaise.
[I want you, you, you / I want you to look at me / in the eyes / and dance / with me - always.]
