Bel anniversaire hier, avec toute la famille. Le seul inconvénient à devenir majeure, c'est que désormais on n'a plus d'excuse pour éviter d'assister aux repas de famille dans leur intégralité...
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Jul 28, 2009
Jun 16, 2009
Dancing the Happy Dance
Les nerfs.
Hystérie.
Euphorie.
Je les ai, je les ai!
Restent les oraux.
Je croise les doigts.
Je suis heureuse.
Les profs nous ont payé à boire cet aprèm, en terrasse.
Il faisait beau.
Je suis heureuse, heureuse.
Jun 7, 2009
Parenthèse faussement européenne
Tout compris à la politique:
Mélenchon, c'est le Schtroumph grincheux; Kohn-Bandit, c'est ce que pourrait être mon prof de philo s'il était éveillé; et les autres, ben, les autres... ce sont des clowns.
Sinon, la géographie, ça s'est passé. Point. Les résultats ne sont pas décalés; donc l'attente se précise désormais.
Je lis Gaspard de la nuit.
[PS à tous les râleurs: je sais qu'il y a des fautes d'orthographe à Cohn-Bendit mais un ami l'écrit comme ça, et ça me fait marrer. Period ^^]
May 30, 2009
The Fine Line
Quand on a la poisse...
Magnifique mail de l'ENS jeudi soir, afin de nous prévenir qu'en raison d'une "erreur humaine", certaines copies avaient été perdues. Dans un grand élan-zet-souci d'équité, nous repasserons donc l'épreuve de géographie samedi prochain.
Et moi, naïve, qui pensais que le week-end de Pentecôte allait être long et non-studieux.
La phase d'hystérie est finie, quand même. Après les larmes de dépit, de frustration, il y a le silence radio résigné de l'esprit, du coeur. Une impression nébuleuse que tout ceci est un mauvais cauchemar.
A part cela, les roses fleurissent, un peu de baume au coeur. Les iris promettaient aussi d'être beaux, mais la tempête d'il y a quelques jours les a fauchés. Je mange des macarons, je lis Le Clézio, des récits de voyage en Grèce et autres pays intensément lumineux. J'écris, aussi. La vie semble se ralentir. Et le ciel est bleu, bleu.
Mais aucun bleu ne pourrait être aussi intense que celui du ciel de Saragosse, sous un soleil de début d'août. Ce sont des souvenirs pareils qui gardent en vie, finalement, qui maintiennent le pouls dans sa torpeur.
May 17, 2009
Life in suspension
[Sourire tout neuf...]
Quelqu'un connaît le tableau de Sergio Cecotti, Jour d'hiver?
Feb 2, 2009
Photos-Souvenirs
Vendredi. La classe ensoleillée à 16h, pendant le cours de philo. L’impression, pour une fois, de sentir une trouée dans les nuages. Samedi. Paris-Diderot. La nouvelle qui arrive au niveau du périph – il y aura un vide pendant cette journée, les amphis à 700 personnes pour 400 places, le monde, l’esbroufe de la prise de notes à l’ordinateur pour certains, la chaleur, mais aussi le prof qui a des allures de Gavroche [casquette, grand manteau, galoches, écharpe au vent], l’attention que tous manifestaient, les moments captivants, le témoignage bouleversant de l’ami de Kateb. Tout de même, la joie de partir le matin avant tout le monde, de ressortir à l’air frais, de faire des méandres dans les rues, plan à la main, pour retrouver la station de métro. Et puis Elle, la crêperie, les fous rires – la preuve de la rencontre de deux K, c’est que le seul sujet de conversation, eh bien, c’est la K. Mais qu’est-ce que j’ai pu rire… Le regret de quitter Paris, tout est dans le fugitif. La flemme tout le reste du weekend, l’immersion dans la musique pour oublier et pour se souvenir. Lundi, on reprend, on recommence, toujours. La neige, aussi brusque que fugace : au petit matin, le ciel expirait des flocons qui semblaient flotter de nulle part. A midi, la blancheur était déjà souillée par les points de rouille des mégots de cigarette, la boue brune et mi-liquide dans les rues. A 16h, il ne reste quasiment plus rien. Je n’ai pas encore révisé l’histoire pour mercredi, les devoirs s’empilent, mon bureau ne ressemble plus à rien sous les feuilles, livres et autres… objets non identifiés qui s’accumulent. Pour pallier les vacillements trop intenses, les vertiges trop ténus, j’ai acheté une nouvelle carte postale, celle qui ressemble à un marque-page et qui montre des paysages du monde entier. J’ai tellement de cartes postales que je commence tout doucement à tisser des espaces, à coudre ce qui pourrait avoir l’étoffe d’un monde. Mais je n’ai pas les mains assez habiles, l’aiguille me pique trop, et mes doigts sont rapidement en pièces. Cela viendra, j’espère.
Jan 4, 2009
Solitude Standing
« Quand on vit longtemps avec des fantômes, on finit par adopter leurs coutumes. »
Je nage en pleine crise. Les Beings se dérobent à qui mieux mieux, et je saisis maintenant les migraines dont peut souffrir un démiurge face au problème épineux de la création d’un Mônde. En plus les gens réclament un nom, quelque chose qui leur convienne. C’est qu’ils ont de ces exigences… Celui qui croyait que les avoir créés était raison suffisante pour les contrôler entièrement devait avoir sacrément picolé la veille. Je ne sais même plus en quelle langue je devrais écrire.
Je me suis racheté des cartes postales pendant l’après-midi resto-ciné avec A. Il faisait froid dans les rues de Valenciennes. Puis, de retour à la maison, la famille d’un ami à mon frère était là. Et quand eux sont partis, le ciel était noir, avec des reflets orange, et le ciel neigeait.
« Il y avait un grand vide, dans lequel une épine était fichée, et puis le vide saignait. »
Un vrai mois de janvier, tout ce qu’il faut de stérile, de gelé, de morne. Même pas une montagne ou deux pour purifier l’atmosphère.
Et puis il y a tout ce que j’ai à faire aujourd’hui et que je ne ferai pas. J’ai envie de croire encore (un peu) à l’infini.
« Après tout, on a beau connaître les bouquins, eux ne nous connaîtront jamais. »
C’est sûr qu’ils ont besoin d’être lus pour exister, mais ils n’ont pas besoin de nous singulièrement. C’est ça qui est un peu triste, dans la lecture. Le livre s’offre, mais il ne s’offre à personne en particulier. L’auteur écrit, il écrit pour nous tous, mais jamais pour nous en particulier, jamais pour nous qui apportons notre lot de qualités et de défauts, notre paquet de chair, d’os et de sang. Le vrai amour des livres est totalement désintéressé et sans retour. Eux sont en revanche dûment intéressés, nous pompant la vie jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que la signification de ‘vie réelle’ nous échappe.
C’est ça, ou presque. Car on s’habitue à ces êtres légèrement vampiriques, qui donnent la même réponse, sans tenir compte de l’identité de celui qui a posé la question. On s’habitue aux fantômes turbulents d’auteurs et de personnages, qui finissent par apparaître en décalqué sur ce qui se passe autour de nous. Même chose pour les mythes, les légendes. Là-bas, avec les autres, on rit de ces croyances superstitieuses ; mais ici, quand il n’y a personne, on les cherche toujours, espérant les apercevoir.
On n’a qu’à aller casser quelques miroirs, histoire de confirmer la présence de ce « jinx » ; puis on ira écouter Lovers in Japan en attendant que le temps passe.
Je nage en pleine crise. Les Beings se dérobent à qui mieux mieux, et je saisis maintenant les migraines dont peut souffrir un démiurge face au problème épineux de la création d’un Mônde. En plus les gens réclament un nom, quelque chose qui leur convienne. C’est qu’ils ont de ces exigences… Celui qui croyait que les avoir créés était raison suffisante pour les contrôler entièrement devait avoir sacrément picolé la veille. Je ne sais même plus en quelle langue je devrais écrire.
Je me suis racheté des cartes postales pendant l’après-midi resto-ciné avec A. Il faisait froid dans les rues de Valenciennes. Puis, de retour à la maison, la famille d’un ami à mon frère était là. Et quand eux sont partis, le ciel était noir, avec des reflets orange, et le ciel neigeait.
« Il y avait un grand vide, dans lequel une épine était fichée, et puis le vide saignait. »
Un vrai mois de janvier, tout ce qu’il faut de stérile, de gelé, de morne. Même pas une montagne ou deux pour purifier l’atmosphère.
Et puis il y a tout ce que j’ai à faire aujourd’hui et que je ne ferai pas. J’ai envie de croire encore (un peu) à l’infini.
« Après tout, on a beau connaître les bouquins, eux ne nous connaîtront jamais. »
C’est sûr qu’ils ont besoin d’être lus pour exister, mais ils n’ont pas besoin de nous singulièrement. C’est ça qui est un peu triste, dans la lecture. Le livre s’offre, mais il ne s’offre à personne en particulier. L’auteur écrit, il écrit pour nous tous, mais jamais pour nous en particulier, jamais pour nous qui apportons notre lot de qualités et de défauts, notre paquet de chair, d’os et de sang. Le vrai amour des livres est totalement désintéressé et sans retour. Eux sont en revanche dûment intéressés, nous pompant la vie jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que la signification de ‘vie réelle’ nous échappe.
C’est ça, ou presque. Car on s’habitue à ces êtres légèrement vampiriques, qui donnent la même réponse, sans tenir compte de l’identité de celui qui a posé la question. On s’habitue aux fantômes turbulents d’auteurs et de personnages, qui finissent par apparaître en décalqué sur ce qui se passe autour de nous. Même chose pour les mythes, les légendes. Là-bas, avec les autres, on rit de ces croyances superstitieuses ; mais ici, quand il n’y a personne, on les cherche toujours, espérant les apercevoir.
On n’a qu’à aller casser quelques miroirs, histoire de confirmer la présence de ce « jinx » ; puis on ira écouter Lovers in Japan en attendant que le temps passe.
Dec 30, 2008
It's All About Books
Plutôt corne ou marque-page?
*crise d’hystérie* Surtout pas de corne ! Je supporte à peine les marques discrètes faites au crayon gris, alors l’acte de corner les pages – pis encore, celui d’écrire ou de surligner (!) – dépasse l’entendement, et constitue pour moi une quasi-violation de l’intégrité livresque. Ou alors, il faudrait que le livre soit très vieux, avec des pages jaunies, et que le papier soit légèrement froissé à cause du temps et non par une quelconque action humaine. Quant au marque-page – j’adore les marque-pages et je les collectionne, ce qui veut bien dire que je ne les utilise jamais. Je retiens – ou pas – le numéro de la page, et j’aime feuilleter un peu le livre avant de retrouver l’endroit où je m’étais arrêtée ; cela permet de replonger plus aisément dans l’univers du livre.
As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Quelle question – c’est pratiquement tout ce que je demande en cadeau.
Lis-tu dans ton bain?
N’étant pas une adepte des bains, et étant dotée d’une maladresse légendaire, je préfère éviter.
As-tu déjà pensé à écrire un livre?
Voui ^^. Même plus que pensé, dira-t-on.
Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
L’esquive traditionnelle – ça dépend des séries. J’avais lâché Harry Potter au milieu du 5ème – mais j’ai envie de m’y remettre. J’avais lu d’une traite les Anne of Green Gables et les His Dark Materials, et j’y reviens toujours avec plaisir. Certains des The Cat Who – notamment au début – étaient maladroits à certains moments, et j’ai mes habitudes quant aux tomes que je lis, mais globalement, la série est bien menée. J’aime bien la continuité entre les tomes, qui introduit le temps dans l’histoire – on retrouve certains personnages comme des vieux amis, dont on apprend à connaître la psychologie, les habitudes, et ainsi de suite – même si j’apprécie avoir des surprises au fil des livres sur ces mêmes personnages. S’ils restent trop statiques, avec toujours les mêmes tics, les mêmes rôles, la série tend vite à s’essouffler. Quant aux séries dont les livres n’ont pas de lien particulièrement chronologique, elles structurent tout aussi bien l’univers du roman.
Tout ça pour dire, ça dépend de la série, ça dépend de moi. Si j’aime, tant mieux ; si je n’aime pas, tant pis. Et pour commencer, je n’aime pas les généralisations.
As-tu un livre culte?
Un livre en appelle un autre, et la liste s’allonge de seconde en seconde. S’il faut fournir une réponse, je donnerai, pêle-mêle, des auteurs : Maulpoix, Char, L.M. Montgomery, Twain, Pullman, T.S. Eliot, Apollinaire, et puis…
Aimes-tu relire?
Si je n’ai pas aimé la première lecture, non, et c’est contrainte-zet-forcée que je relirai (ex. Stendhal, Rousseau). Mais si j’ai aimé dès le début, aucun problème pour relire, à condition que les intervalles de lecture soient espacés, ce qui permet de redécouvrir l’écriture elle-même tout en ayant des réminiscences de l’histoire. Et il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir.
Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimés?
Si je les rencontre, j’aimerais parler à l’homme – ou la femme – et non à l’écrivain.
Aimes-tu parler de tes lectures?
Oui, mais il faut choisir le bon moment. On ne lâche pas comme ça un livre dans la nature, et tout livre n’est pas bon à proposer. D’autre part, si je dois en parler, c’est du point de vue du style, de l’écriture. Je déteste faire des résumés.
Comment choisis-tu tes livres?
Selon l’envie du moment. En général, je reviens aux auteurs que je connais, que j’ai appréciés. Le titre est important – j’aime ce qui résonne, ce qui ouvre des perspectives avant même de commencer la lecture. J’aime aussi les beaux livres ; et j’essaie toujours de choisir la collection avec soin. Quant aux livres de poésie – je choisis plus à l’instinct : je cherche le recueil où se trouve un poème en particulier, je cherche aussi selon le mouvement littéraire qui me plaît au moment même, je reviens aux auteurs que j’aime, et comme toujours, je choisis de belles collections – comme la nrf pour les livres francophones – et les titres qui sont beaux (Les Matinaux & La Parole en archipel – de Char : un classique).
Une lecture inavouable?
Rien ne vient à l’esprit pour l’instant, mais s’il y en avait, elle resterait inavouable. Et puis là, il faudrait discuter du concept d’inavouable, qui reste quand même assez relatif, ‘spas…
Des endroits préférés pour lire?
Là où je peux m’isoler, là où les autres n’iront pas facilement déranger la lecture. Un endroit où je peux de préférence m’asseoir ou m’allonger, et changer de place toutes les dix minutes environ.
Un livre idéal pour toi serait:
Quelque chose de beau, de neuf, de captivant.
Lire par dessus l'épaule?
No way. A part peut-être les BD quand je les lis avec mon frère. Il est en train d’apprendre à lire à mon rythme donc ça va. Mais à part ça, non, jamais – la lecture est un acte complètement solitaire, individualiste, parfois même égoïste.
Lire et manger?
Tant qu’il n’y a aucun risque que le livre soit taché, oui. Et boire, aussi.
Lecture en musique, en silence, peu importe?
La plupart du temps, en silence. Mais quand j’ai trouvé – ce qui est rarissime – la musique qui s’accord avec le texte, oui, un peu de musique, mais très bas.
Lire un livre électronique ?
J’aime le contact physique avec le livre, et la perspective de rester six heures devant un écran ne m’enchante guère.
Le livre vous tombe des mains : aller jusqu'au bout ou pas?
Oui, dans 99% des cas. Si l’enjeu n’est pas de taille, je m’autorise une pause temporaire qui devient parfois permanente (ex. Stendhal, Rousseau). Mais dans les autres cas, je veux avoir de quoi ‘critiquer’, et puis aussi savoir comment se déroule la fin qui peut parfois sauver le reste du livre.
Questions extra rajoutées par Mimy :
Sauter ou pas de paragraphe ?
J’avoue que je l’ai fait avec Balzac. Ou alors quand le texte est un texte de philosophie ou de critique littéraire et que les phrases sont alambiquées, et qu’il est 22h30, et que la lumière de la lampe était trop faible, et que je voulais savoir avant l’interro de demain où diable l’auteur voulait en venir. Mais dans les autres cas, non – quitte à, comme dit Mimy, penser à autre chose pendant un paragraphe qui ne me plaît pas.
Pauses pendant la lecture ?
Oui, mais le plus souvent pendant la relecture. A la première lecture, quand le livre est captivant, je n’ai pas le temps de m’imposer des pauses, et mon rythme suit celui de l’écriture. Mais à la relecture, je prends un peu de distance, et il m’est plus facile de faire une pause.
Les livres sont-ils votre principale mine de cadeaux ?
Oui. J’ai tendance à associer les gens à des livres – mon petit frère aux BD, ma mère aux livres d’histoire et de voyage, par exemple.
*crise d’hystérie* Surtout pas de corne ! Je supporte à peine les marques discrètes faites au crayon gris, alors l’acte de corner les pages – pis encore, celui d’écrire ou de surligner (!) – dépasse l’entendement, et constitue pour moi une quasi-violation de l’intégrité livresque. Ou alors, il faudrait que le livre soit très vieux, avec des pages jaunies, et que le papier soit légèrement froissé à cause du temps et non par une quelconque action humaine. Quant au marque-page – j’adore les marque-pages et je les collectionne, ce qui veut bien dire que je ne les utilise jamais. Je retiens – ou pas – le numéro de la page, et j’aime feuilleter un peu le livre avant de retrouver l’endroit où je m’étais arrêtée ; cela permet de replonger plus aisément dans l’univers du livre.
As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Quelle question – c’est pratiquement tout ce que je demande en cadeau.
Lis-tu dans ton bain?
N’étant pas une adepte des bains, et étant dotée d’une maladresse légendaire, je préfère éviter.
As-tu déjà pensé à écrire un livre?
Voui ^^. Même plus que pensé, dira-t-on.
Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
L’esquive traditionnelle – ça dépend des séries. J’avais lâché Harry Potter au milieu du 5ème – mais j’ai envie de m’y remettre. J’avais lu d’une traite les Anne of Green Gables et les His Dark Materials, et j’y reviens toujours avec plaisir. Certains des The Cat Who – notamment au début – étaient maladroits à certains moments, et j’ai mes habitudes quant aux tomes que je lis, mais globalement, la série est bien menée. J’aime bien la continuité entre les tomes, qui introduit le temps dans l’histoire – on retrouve certains personnages comme des vieux amis, dont on apprend à connaître la psychologie, les habitudes, et ainsi de suite – même si j’apprécie avoir des surprises au fil des livres sur ces mêmes personnages. S’ils restent trop statiques, avec toujours les mêmes tics, les mêmes rôles, la série tend vite à s’essouffler. Quant aux séries dont les livres n’ont pas de lien particulièrement chronologique, elles structurent tout aussi bien l’univers du roman.
Tout ça pour dire, ça dépend de la série, ça dépend de moi. Si j’aime, tant mieux ; si je n’aime pas, tant pis. Et pour commencer, je n’aime pas les généralisations.
As-tu un livre culte?
Un livre en appelle un autre, et la liste s’allonge de seconde en seconde. S’il faut fournir une réponse, je donnerai, pêle-mêle, des auteurs : Maulpoix, Char, L.M. Montgomery, Twain, Pullman, T.S. Eliot, Apollinaire, et puis…
Aimes-tu relire?
Si je n’ai pas aimé la première lecture, non, et c’est contrainte-zet-forcée que je relirai (ex. Stendhal, Rousseau). Mais si j’ai aimé dès le début, aucun problème pour relire, à condition que les intervalles de lecture soient espacés, ce qui permet de redécouvrir l’écriture elle-même tout en ayant des réminiscences de l’histoire. Et il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir.
Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimés?
Si je les rencontre, j’aimerais parler à l’homme – ou la femme – et non à l’écrivain.
Aimes-tu parler de tes lectures?
Oui, mais il faut choisir le bon moment. On ne lâche pas comme ça un livre dans la nature, et tout livre n’est pas bon à proposer. D’autre part, si je dois en parler, c’est du point de vue du style, de l’écriture. Je déteste faire des résumés.
Comment choisis-tu tes livres?
Selon l’envie du moment. En général, je reviens aux auteurs que je connais, que j’ai appréciés. Le titre est important – j’aime ce qui résonne, ce qui ouvre des perspectives avant même de commencer la lecture. J’aime aussi les beaux livres ; et j’essaie toujours de choisir la collection avec soin. Quant aux livres de poésie – je choisis plus à l’instinct : je cherche le recueil où se trouve un poème en particulier, je cherche aussi selon le mouvement littéraire qui me plaît au moment même, je reviens aux auteurs que j’aime, et comme toujours, je choisis de belles collections – comme la nrf pour les livres francophones – et les titres qui sont beaux (Les Matinaux & La Parole en archipel – de Char : un classique).
Une lecture inavouable?
Rien ne vient à l’esprit pour l’instant, mais s’il y en avait, elle resterait inavouable. Et puis là, il faudrait discuter du concept d’inavouable, qui reste quand même assez relatif, ‘spas…
Des endroits préférés pour lire?
Là où je peux m’isoler, là où les autres n’iront pas facilement déranger la lecture. Un endroit où je peux de préférence m’asseoir ou m’allonger, et changer de place toutes les dix minutes environ.
Un livre idéal pour toi serait:
Quelque chose de beau, de neuf, de captivant.
Lire par dessus l'épaule?
No way. A part peut-être les BD quand je les lis avec mon frère. Il est en train d’apprendre à lire à mon rythme donc ça va. Mais à part ça, non, jamais – la lecture est un acte complètement solitaire, individualiste, parfois même égoïste.
Lire et manger?
Tant qu’il n’y a aucun risque que le livre soit taché, oui. Et boire, aussi.
Lecture en musique, en silence, peu importe?
La plupart du temps, en silence. Mais quand j’ai trouvé – ce qui est rarissime – la musique qui s’accord avec le texte, oui, un peu de musique, mais très bas.
Lire un livre électronique ?
J’aime le contact physique avec le livre, et la perspective de rester six heures devant un écran ne m’enchante guère.
Le livre vous tombe des mains : aller jusqu'au bout ou pas?
Oui, dans 99% des cas. Si l’enjeu n’est pas de taille, je m’autorise une pause temporaire qui devient parfois permanente (ex. Stendhal, Rousseau). Mais dans les autres cas, je veux avoir de quoi ‘critiquer’, et puis aussi savoir comment se déroule la fin qui peut parfois sauver le reste du livre.
Questions extra rajoutées par Mimy :
Sauter ou pas de paragraphe ?
J’avoue que je l’ai fait avec Balzac. Ou alors quand le texte est un texte de philosophie ou de critique littéraire et que les phrases sont alambiquées, et qu’il est 22h30, et que la lumière de la lampe était trop faible, et que je voulais savoir avant l’interro de demain où diable l’auteur voulait en venir. Mais dans les autres cas, non – quitte à, comme dit Mimy, penser à autre chose pendant un paragraphe qui ne me plaît pas.
Pauses pendant la lecture ?
Oui, mais le plus souvent pendant la relecture. A la première lecture, quand le livre est captivant, je n’ai pas le temps de m’imposer des pauses, et mon rythme suit celui de l’écriture. Mais à la relecture, je prends un peu de distance, et il m’est plus facile de faire une pause.
Les livres sont-ils votre principale mine de cadeaux ?
Oui. J’ai tendance à associer les gens à des livres – mon petit frère aux BD, ma mère aux livres d’histoire et de voyage, par exemple.
Je rajouterais bien aussi quelques questions - à savoir, si vous êtes atteint de bovarysme (MTT selon la classification de Pennac), si vous aimez les adaptations cinématographiques de vos romans préférés, si les noms des personnages ou des lieux est important pour vous, si vous aimez un genre en particulier ou préférez l'éclectisme, et quelle serait la librairie (pas la bibliothèque !) idéale pour vous.
Dec 26, 2008
Brief Escape
Je ne supporte pas l'odeur de la pâte feuilletée enduite de sucre glace qui est en train de cuire dans le four, même si j'aime les palmiers qui seront z-ainsi confectionnés.
'Fin, oui, j'aime les palmiers, mais pas à 11h du soir, après un repas hyper lourd, et pas avec les délires de la famille sur le palmito-jambon.
[retourne dîner en famille]
Dec 22, 2008
[Only in]
Where can I watch "Tweety & Sylvester" in the morning, while eating Nutella crêpes, and watching the sunrise rise over the mountains and glide over the frosty garden?
With no partiality whatsoever, only at my grandparents', in Ariège. ^^
I'll be making at last a Christmas tree, getting ahead with my writing, going downtown to buy postcards and take pictures [Foix is a pretty town when it's all decorated], and, and...
I just want to stay.
Dec 19, 2008
Statistiques
Le temps est venu de déposer le bilan.
Le rituel khâgneux du Concours Blanc, familièrement appelé CB, s’est déroulé du samedi 13 décembre, à 8h, jusqu’au vendredi 19 décembre, à 14h.
Samedi : Géographie, 5h. Santé et environnement dans l’Afrique subsaharienne.
Lundi : Français, 5h. « Diderot semble vouloir combler la brèche entre l’image et le texte par un va-et-vient constant du mot à l’image et de l’image au mot et ce, même dans l’Encyclopédie qui oscille pareillement entre texte et planche. Il crée verbalement des images pour accompagner, comme en parallèle, les tableaux qu’il a vus : ces images supplémentaires contiendront souvent plus de détails que la description du tableau proprement dite ». Antony Wall, Ce corps qui parle. Pour une lecture dialogique de Denis Diderot. Montréal, XYZ éditeur, 2005, p.229. En quoi cette affirmation éclaire votre lecture du Salon de 1767. Ruines et paysages ?
Mardi : Histoire, 6h. Les libertés en France dans la seconde moitié du XIXe siècle. [En petit, en bas, a été rajouté : « Vous traiterez le sujet ci-dessus ». Non, sans blague.]
Mercredi : Spécialité, Thème Anglais, 4h. Extrait de La Conversation amoureuse, Alice FERNEY, 2000. [Une femme de 36 ans amoureuse d’un homme qui en a 72.]
Jeudi : LVA Anglais, 6h. Extrait de A Domestic Dilemma, Carson MacCullens, 1951. [Une mère alcoolo, et un père qui veut protéger ses enfants, ressent de la haine à l’égard de sa femme, mais finalement comprend ce qu’est toute la grande ‘complexity of love’.]
Vendredi : Philosophie, 6h. L’exigence républicaine est-elle nécessairement au cœur de toute politique légitime ? [Qu’on me pende si le professeur a une seule fois prononcé « exigence républicaine » dans le cours.]
Au total ? 19 copies doubles effectivement, 16 copies et ¾ exactement, 67 pages noircies. 5 bouteilles d’eau, environ deux douzaines de Pims’ framboise-cassis. Un prof de philo qui tente vainement de lutter contre le sommeil pendant les 3ème et 4ème heures de surveillance, et réussit à s’endormir, et à ronfler pendant 5 minutes lors de la 5ème heure. Une prof d’allemand qui ramène deux boîtes de Ferrero Rocher, auxquelles les ¾ de la classe ne toucheront même pas, mais qui seront tout de même consommées en 2 jours. Un prof de géo dont la sonnerie de téléphone indique les heures qui passent et se compose d’une synthèse de 4 (ou 5) chants de Noël. Un prof de français qui ramène trois boîtes de chocolats pour la dernière épreuve. Et un prof d'anglais, qu'on se demande s'il est pas névrosé - le jeu étant maintenant, quand nous recevons un texte à étudier ou à traduire, d'y trouver ZE problème relationnel, le coeur des relations conflictuelles.
Et maintenant ? Eh ben, je lis Harry Potter, j’écris les Beings, j’écoute Cold Play (Lovers in Japan) & Pink Martini, et je veux partir, vite.
Le rituel khâgneux du Concours Blanc, familièrement appelé CB, s’est déroulé du samedi 13 décembre, à 8h, jusqu’au vendredi 19 décembre, à 14h.
Samedi : Géographie, 5h. Santé et environnement dans l’Afrique subsaharienne.
Lundi : Français, 5h. « Diderot semble vouloir combler la brèche entre l’image et le texte par un va-et-vient constant du mot à l’image et de l’image au mot et ce, même dans l’Encyclopédie qui oscille pareillement entre texte et planche. Il crée verbalement des images pour accompagner, comme en parallèle, les tableaux qu’il a vus : ces images supplémentaires contiendront souvent plus de détails que la description du tableau proprement dite ». Antony Wall, Ce corps qui parle. Pour une lecture dialogique de Denis Diderot. Montréal, XYZ éditeur, 2005, p.229. En quoi cette affirmation éclaire votre lecture du Salon de 1767. Ruines et paysages ?
Mardi : Histoire, 6h. Les libertés en France dans la seconde moitié du XIXe siècle. [En petit, en bas, a été rajouté : « Vous traiterez le sujet ci-dessus ». Non, sans blague.]
Mercredi : Spécialité, Thème Anglais, 4h. Extrait de La Conversation amoureuse, Alice FERNEY, 2000. [Une femme de 36 ans amoureuse d’un homme qui en a 72.]
Jeudi : LVA Anglais, 6h. Extrait de A Domestic Dilemma, Carson MacCullens, 1951. [Une mère alcoolo, et un père qui veut protéger ses enfants, ressent de la haine à l’égard de sa femme, mais finalement comprend ce qu’est toute la grande ‘complexity of love’.]
Vendredi : Philosophie, 6h. L’exigence républicaine est-elle nécessairement au cœur de toute politique légitime ? [Qu’on me pende si le professeur a une seule fois prononcé « exigence républicaine » dans le cours.]
Au total ? 19 copies doubles effectivement, 16 copies et ¾ exactement, 67 pages noircies. 5 bouteilles d’eau, environ deux douzaines de Pims’ framboise-cassis. Un prof de philo qui tente vainement de lutter contre le sommeil pendant les 3ème et 4ème heures de surveillance, et réussit à s’endormir, et à ronfler pendant 5 minutes lors de la 5ème heure. Une prof d’allemand qui ramène deux boîtes de Ferrero Rocher, auxquelles les ¾ de la classe ne toucheront même pas, mais qui seront tout de même consommées en 2 jours. Un prof de géo dont la sonnerie de téléphone indique les heures qui passent et se compose d’une synthèse de 4 (ou 5) chants de Noël. Un prof de français qui ramène trois boîtes de chocolats pour la dernière épreuve. Et un prof d'anglais, qu'on se demande s'il est pas névrosé - le jeu étant maintenant, quand nous recevons un texte à étudier ou à traduire, d'y trouver ZE problème relationnel, le coeur des relations conflictuelles.
Et maintenant ? Eh ben, je lis Harry Potter, j’écris les Beings, j’écoute Cold Play (Lovers in Japan) & Pink Martini, et je veux partir, vite.
Dec 18, 2008
Marre.
Juste parce que j'avais envie de le dire.
Juste parce que je me suis battue tout cet après-midi avec la dernière version de windows live machin truc chose 2009, qui en fin de compte, est d'une nullité absolue-zet-effarante. Et on peut même pas l'enlever, et la remplacer par l'ancienne. ('Fin, JE ne peux pas l'enlever et ainsi de suite, vu mes compétences informatiques.) C'est pas indispensable à la vie, ce truc-là, mais quand ça s'ajoute à la liste déjà longue des choses-qui-foirent...
Juste parce que demain, j'ai ENCORE une épreuve. Philo. Et vu comme le prof zappe nos cours, j'ai envie de faire réciproquement, et de faire un beau zappage d'épreuve.
Juste parce que je n'ai pas le droit de me plaindre.
Et puis voilà.
Nov 26, 2008
theaters

la neige se veut tenace - s'agripant aux recoins sombres du jardin.
mais en vain - le jardin est revenu à sa couleur d'un gris-vert sale. ses imperfections qui avaient été dissimulées par la neige résurgissent à présent, cicatrices séchées. et les roses se sont brisées comme du verre.
il y a encore le problème de ta voix, de ton odeur. je ne sais toujours pas quoi en faire - les mettre dehors avec le reste, ou les laisser quelque part sur l'étagère, entre les matinales et débarcadères.
les bijoux qu'on laisse sur la commode, nina ricci, le sable de monterey (ta voix, ta voix) et puis les musiques qui s'entrechoquent, un tintement distrait: gershwin, satie, brubeck, et puis arrangement pour piano 4 mains de rachmaninov de la belle au bois dormant de tchaïkovski. j'ai eu envie de regarder les aristochats.
les goûters ces temps-ci: chocolat chaud, pâte d'amande, mandarine. je fais dans la miniature, voire le minimalisme, une orfèvrevrie du temps en somme. commencer une calligraphie des corps. (even if that body takes up too much space - that awful, clumsy body.)
"Anyone who has ever seen anything happen on a stage – anything – knows that a theater is so full of magic that after years and years of opening nights there must be magic enough to last forever in its walls."
(Clin d'oeil to my Hopper friend. Cynthia Rylant, The Van Gogh Café)
Nov 5, 2008
It's All About Paris
le sentiment vague de nausée du départ / le sac cramoisi / le parfum de Camberley Lane / la brume / un vague disque de laiton / Ile de France / la brisure nette des arbres jaunes sur le ciel bleu / TSF jazz 89.9 / ‘Go down, Moses’ / la confrontation entre la carte et Micheline / Kentucky Fried Chicken / friture et pots d’échappement / ‘no way we’re eating there’ / Porte Montreuil / le marché / la chambre-cabine de bateau à déco japonaise / carré de chocolat à la Grande Porte / café du Rendez-vous à Denfer-Rochereau / match de football devant les Jardins du Luxembourg / le fumeur de pipe / les voiliers blancs / Bastet et Foucault / ‘ils ne pouvaient pas se voir, on les a donc mis en face’ / Max / coucher de soleil sur la Tour Eiffel depuis le Panthéon / la lune en dernier croissant sur la mairie du Vème / ‘j’ai faim’ ou le refrain du frère / librairie Dubois / moleskines et calligraphies / les chocolats chauds d’Amorino / le professeur à lunettes avec le sachet de livres de chez Gibert qui mange seul à la pizzeria / les baies vitrées du restaurant / le reflet dans la rue / l’homme ivre et le nez en sang / les mouettes sur la Seine la nuit / les nappes de nuages / le guitariste sur le parvis de Notre Dame / les tickets de métro écornés / le beau gosse du métro / l’odeur des nachos dans le couloir de l’hôtel / les rideaux cassés / lever de soleil sur l’Arc / ‘My baby just cares for me’ / la lueur orange des lampions / Nina Ricci avenue Montaigne / Alexandre III / la crêpe Nutella / soit Manet ne sait pas dessiner les espagnoles, soit les espagnoles sont moches / ‘En fait, Angelina, c’est un peu la grand-mère de M. Lacquement.’ / Nusch-toute-blanche, Nusch-de craie, Nusch-de-cristal / les chassés-loupés-croisés-manqués avec Elle / le jus d’orange pressé / ‘I’m gonna be on the next plane home’ / l’avion sur les pistes / les oiseaux sur les champs / la pluie.

Much Ado-questioning About Nothing
Taguée par Mimy, je remplis donc le questionnaire, et je tague à mon tour Nanis et Abeille...
A. Aeneas (Énée, héros latin)
Ton héros préféré. Pour faire court, on va dire les brebis du Génie des Alpages, Donkey & Puss in Boots de Shrek, Anne of Green Gables, Tom Sawyer & Huckleberry Finn, Mia Thermopolis dans le film (et non les livres, hein) Princess Diaries, Dory de Finding Nemo, Mary Poppins, et… Oui, j’ai fait court, et oui, j’ai des références. Moi.
B. Bibax (grand buveur)
Ta boisson préférée. Chocolat chaud, mocha, jus d’agrumes, d’ananas, sirop de grenadine. (J’adore les questions au pluriel.)
C. Caelum (ciel)
Ton signe astrologique. Lion ascendance… machin.
D. Disciplina (action d'apprendre)
Les études que tu aurais faites si tu n'avais pas fait celles que tu as choisies. Soit dans l’astrophysique, soit dans la physique quantique.
E. Elenchus (perle en forme de poire (!) )
Pierre ou métal précieux que tu affectionnes particulièrement. Mais, "diamonds are a girl’s best friends, of course!" Et avec l’accent, en plus! Sans plaisanter, l’ambre, l’argent. Puis l’or, l’émeraude, le rubis.
F. Fatum (destin)
Ecris ton horoscope pour la semaine à venir.
« Travail : vous maniez la procrastination avec dextérité, c’est-à-dire que vous avez pris le sens du mot « vacances » au pied de la lettre, et qu’a commencé le compte à rebours des devoirs-de-dernière-minute. Soyez confiants, demain dans quinze jours sera un autre jour, et vous commencerez peut-être à vous organiser. »
« Amour : vous vivez dans un monde en constante évolution – vous attirez comme un aimant les confidences sur les amours qui se font et se défont. Les premières vous assureront qu’on finit toujours par trouver et que c’est si bon de pouvoir manquer à quelqu’un, les secondes que rien ne vaut la liberté et qu’ils sont tous des salauds. Quant à vous, ben, vous, euh, vous… »
« Santé : comme par anticipation, vos yeux s’ornent déjà d’un superbe maquillage violacé, qui dessine autour de vos paupières d’abord une légère ellipse, mais qui – n’ayez crainte – ne tardera pas à s’assombrir. Comme quoi, on peut être prévoyante ET féminine. Et vous souffrirez sûrement de bâillements à répétitions, engourdissement des doigts sur un clavier d’ordinateur, rouille des articulations des bras et jambes, mais à part ça, tout devrait aller bien. »
« Et pour clôturer le tout, nous vous souhaitons une joyeuse rentrée des classes de K, le jeudi 6 novembre ! »
G. Graecum (la langue grecque)
Langues que tu apprends / as apprises et celles que tu souhaiterais apprendre un jour. Ben, français, fluent en anglais (avec l’accent plus CNN que BBC), je me débrouille en espagnol, 2 ans d’italien que je veux approfondir, un an de latin qu’on approfondira peut-être un jour, et à part ça, quelques mots d’occitan. Après… portugais, catalan, basque, russe, finlandais, japonais…
H. Hamadryades (hamadryade, nymphe des forêts)
Être ou créature légendaire ou mythique qui te fait rêver. Nan, mais les dragons, ils existent.
I. Inscitia (gaucherie, incapacité)
Ce que tu ne sais pas faire. Si je laisse la parole à mon frère, on n’est pas sorti de l’auberge ; je dirais donc : vivre dans la réalité la plus simple, c’est-à-dire faire preuve de sens pratique.
J. Jura (le Jura)
Y a-t-il un lieu en France où tu n'es jamais allé, et où tu aimerais aller? Le must, c’est évidemment les coins que je ne connais pas des Pyrénées. Ensuite la côte Atlantique depuis le Pays Basque jusqu’à la Bretagne, puis les Alpes et l’Alsace.
K. Karthago (Carthage)
Le voyage que tu rêves de faire. Voyage autour du monde, en finissant (et en s’attardant) aux Etats-Unis.
L. Liber (livre)
Décris la couverture du livre qui traîne à côté de ton ordinateur. Deux livres, équidistants ; l’un est de format poche, a une couverture blanche, traversée par un rectangle bleu où se trouve le visage d’un poète : Maulpoix (Histoire de Bleu – Instinct de Ciel, nrf) ; l’un est plus allongé, et présente une vue aérienne de New York en noir et blanc (I Speak of the City – Poems about New York).
M. Memoria (mémoire)
Ton premier souvenir. Etant donné que l’organisation de mon esprit est à l’image de celle de mon bureau, c’est-à-dire inexistante, aucun triage chronologique n’est disponible, à part des impressions : Limoges, la maison où cuisine/salon/salle à manger étaient à l’étage, papier peint bleu ciel fleuri de la cuisine, Bambi dans la salle à manger et j’ai pleuré, moi en bout de table et la choucroute que je n’aime pas, l’orage la nuit, le cauchemar du lutin de Nils Holgersson, le bureau mal éclairé de Titi, les cours de danse, les filles que je n’aime pas à l’école, et un petit frère.
N. Nimbus (pluie d'orage, averse)
Décris ce que tu aimes dans la pluie. Dans la pluie de printemps, le sentiment que tout renaît, le matin doré, allégé par la pluie nocturne, les giboulées. Dans la pluie d’été, les grands orages violets. Dans la pluie d’automne, la sérénité qu’elle ramène à la fois sur la peau et dans l’esprit, les feuilles mortes, la dilution des odeurs dans celle de la terre mouillée. En novembre, les lames de pluie fantomatiques. Et en hiver, il ne pleut pas, il neige.
O. Odor (odeur)
Décris l'odeur qui te marque le plus dans ton quotidien. Café/mocha/chocolat chaud/Nutella/terre après la pluie/Nina/les pâtisseries à 9h du matin en ville/panini poulet aux herbes de Provence.
P. Piger (paresseux)
Ton péché capital. Euh… moi ? Péché capital ? Naan, connais pas du tout… S’il faut mettre un péché capital, j’dirais l’orgueil, vu que je ne vois pas comme des dons divins mes mérites. Mais sinon, mon pire défaut, c’est la contradiction.
Q. Quinta (prénom féminin)
Le prénom féminin que tu choisirais si tu devais avoir une fille. Par pitié pour cette fille, qu’elle ne me tombe pas entre les mains. Alberthe.
R. Rana (grenouille)
L'animal qui te ressemble. Mon entourage affectionne les noms d’animaux ; je suis donc un chat, une panthère, une renarde, une belette, une chèvre, un oiseau, une marsupilami, sans compter tous les animaux de dessins animés que je sais imiter.
S. Sagina (engraissement, bedaine)
Ce que tu ne peux t'empêcher de manger, tout en sachant pertinemment que ce n'est pas raisonnable. Justement, je peux m’empêcher (j’ai du contrôle sur moi-même, moi) ; mais ce qui fait que je ne suis pas anorexique selon mon entourage, ben, c’est le chocolat/Nutella.
T. Tibia (flûte)
L'instrument de musique qui t'émeut le plus. Le piano. Puis la guitare, le saxophone, le violon. Et le violoncelle.
U. Ucalegon (nom d'un Troyen)
Le prénom masculin que tu choisirais si tu devais avoir un fils. Lazare. Cf article Q.
V. Video (je vois)
Cite trois films que tu as vus et commençant par la même lettre. Dis ce que tu en as pensé. Princess Diaries, que j'adore; Paris, je t'aime, que j'aime très beaucoup; Pride and Prejudice, que j'ai moins aimé, parce que Mr Darcy, ben, il est moche.
W. Wardo (le Gardon, rivière)
Observe un planisphère, et choisis un cours d'eau dont le nom te fait rêver. Que t'évoque-t-il? La rivière de Tittibawassee. Midland, Michigan, USA. (Sur un planisphère à échelle mondiale, bien entendu ^^).
X. Xysticus (gymnase)
Un sport que tu détestes particulièrement. Volley. (Pour une fois que je réponds par un singulier à une question au singulier…)
Y. Yssopum (hysope, arbrisseau)
Y a-t-il un arbre ou une plante qui garde une place particulière dans tes souvenirs? Ben, la tige de bambou (non, sans blague !) et les roses. Puis la lavande, les cyprès, les sapins, les œillets, les eucalyptus, la vigne vierge, la bruyère, les nénuphars. (Avouez qu’on peut difficilement faire appel à un souvenir singulier.)
Z. Zotheca (boudoir, cabinet de repos)
Décris la bibliothèque de tes rêves. Soit une bibliothèque à la Montaigne, avec des bibliothèques tapissant les murs jusqu’aux plafonds, des poutres apparentes, un grand bureau un peu patiné au milieu, des banquettes encastrées sous les fenêtres qui donnent sur un grand jardin ; soit une bibliothèque à ciel ouvert donnant sur la mer.
A. Aeneas (Énée, héros latin)
Ton héros préféré. Pour faire court, on va dire les brebis du Génie des Alpages, Donkey & Puss in Boots de Shrek, Anne of Green Gables, Tom Sawyer & Huckleberry Finn, Mia Thermopolis dans le film (et non les livres, hein) Princess Diaries, Dory de Finding Nemo, Mary Poppins, et… Oui, j’ai fait court, et oui, j’ai des références. Moi.
B. Bibax (grand buveur)
Ta boisson préférée. Chocolat chaud, mocha, jus d’agrumes, d’ananas, sirop de grenadine. (J’adore les questions au pluriel.)
C. Caelum (ciel)
Ton signe astrologique. Lion ascendance… machin.
D. Disciplina (action d'apprendre)
Les études que tu aurais faites si tu n'avais pas fait celles que tu as choisies. Soit dans l’astrophysique, soit dans la physique quantique.
E. Elenchus (perle en forme de poire (!) )
Pierre ou métal précieux que tu affectionnes particulièrement. Mais, "diamonds are a girl’s best friends, of course!" Et avec l’accent, en plus! Sans plaisanter, l’ambre, l’argent. Puis l’or, l’émeraude, le rubis.
F. Fatum (destin)
Ecris ton horoscope pour la semaine à venir.
« Travail : vous maniez la procrastination avec dextérité, c’est-à-dire que vous avez pris le sens du mot « vacances » au pied de la lettre, et qu’a commencé le compte à rebours des devoirs-de-dernière-minute. Soyez confiants, demain dans quinze jours sera un autre jour, et vous commencerez peut-être à vous organiser. »
« Amour : vous vivez dans un monde en constante évolution – vous attirez comme un aimant les confidences sur les amours qui se font et se défont. Les premières vous assureront qu’on finit toujours par trouver et que c’est si bon de pouvoir manquer à quelqu’un, les secondes que rien ne vaut la liberté et qu’ils sont tous des salauds. Quant à vous, ben, vous, euh, vous… »
« Santé : comme par anticipation, vos yeux s’ornent déjà d’un superbe maquillage violacé, qui dessine autour de vos paupières d’abord une légère ellipse, mais qui – n’ayez crainte – ne tardera pas à s’assombrir. Comme quoi, on peut être prévoyante ET féminine. Et vous souffrirez sûrement de bâillements à répétitions, engourdissement des doigts sur un clavier d’ordinateur, rouille des articulations des bras et jambes, mais à part ça, tout devrait aller bien. »
« Et pour clôturer le tout, nous vous souhaitons une joyeuse rentrée des classes de K, le jeudi 6 novembre ! »
G. Graecum (la langue grecque)
Langues que tu apprends / as apprises et celles que tu souhaiterais apprendre un jour. Ben, français, fluent en anglais (avec l’accent plus CNN que BBC), je me débrouille en espagnol, 2 ans d’italien que je veux approfondir, un an de latin qu’on approfondira peut-être un jour, et à part ça, quelques mots d’occitan. Après… portugais, catalan, basque, russe, finlandais, japonais…
H. Hamadryades (hamadryade, nymphe des forêts)
Être ou créature légendaire ou mythique qui te fait rêver. Nan, mais les dragons, ils existent.
I. Inscitia (gaucherie, incapacité)
Ce que tu ne sais pas faire. Si je laisse la parole à mon frère, on n’est pas sorti de l’auberge ; je dirais donc : vivre dans la réalité la plus simple, c’est-à-dire faire preuve de sens pratique.
J. Jura (le Jura)
Y a-t-il un lieu en France où tu n'es jamais allé, et où tu aimerais aller? Le must, c’est évidemment les coins que je ne connais pas des Pyrénées. Ensuite la côte Atlantique depuis le Pays Basque jusqu’à la Bretagne, puis les Alpes et l’Alsace.
K. Karthago (Carthage)
Le voyage que tu rêves de faire. Voyage autour du monde, en finissant (et en s’attardant) aux Etats-Unis.
L. Liber (livre)
Décris la couverture du livre qui traîne à côté de ton ordinateur. Deux livres, équidistants ; l’un est de format poche, a une couverture blanche, traversée par un rectangle bleu où se trouve le visage d’un poète : Maulpoix (Histoire de Bleu – Instinct de Ciel, nrf) ; l’un est plus allongé, et présente une vue aérienne de New York en noir et blanc (I Speak of the City – Poems about New York).
M. Memoria (mémoire)
Ton premier souvenir. Etant donné que l’organisation de mon esprit est à l’image de celle de mon bureau, c’est-à-dire inexistante, aucun triage chronologique n’est disponible, à part des impressions : Limoges, la maison où cuisine/salon/salle à manger étaient à l’étage, papier peint bleu ciel fleuri de la cuisine, Bambi dans la salle à manger et j’ai pleuré, moi en bout de table et la choucroute que je n’aime pas, l’orage la nuit, le cauchemar du lutin de Nils Holgersson, le bureau mal éclairé de Titi, les cours de danse, les filles que je n’aime pas à l’école, et un petit frère.
N. Nimbus (pluie d'orage, averse)
Décris ce que tu aimes dans la pluie. Dans la pluie de printemps, le sentiment que tout renaît, le matin doré, allégé par la pluie nocturne, les giboulées. Dans la pluie d’été, les grands orages violets. Dans la pluie d’automne, la sérénité qu’elle ramène à la fois sur la peau et dans l’esprit, les feuilles mortes, la dilution des odeurs dans celle de la terre mouillée. En novembre, les lames de pluie fantomatiques. Et en hiver, il ne pleut pas, il neige.
O. Odor (odeur)
Décris l'odeur qui te marque le plus dans ton quotidien. Café/mocha/chocolat chaud/Nutella/terre après la pluie/Nina/les pâtisseries à 9h du matin en ville/panini poulet aux herbes de Provence.
P. Piger (paresseux)
Ton péché capital. Euh… moi ? Péché capital ? Naan, connais pas du tout… S’il faut mettre un péché capital, j’dirais l’orgueil, vu que je ne vois pas comme des dons divins mes mérites. Mais sinon, mon pire défaut, c’est la contradiction.
Q. Quinta (prénom féminin)
Le prénom féminin que tu choisirais si tu devais avoir une fille. Par pitié pour cette fille, qu’elle ne me tombe pas entre les mains. Alberthe.
R. Rana (grenouille)
L'animal qui te ressemble. Mon entourage affectionne les noms d’animaux ; je suis donc un chat, une panthère, une renarde, une belette, une chèvre, un oiseau, une marsupilami, sans compter tous les animaux de dessins animés que je sais imiter.
S. Sagina (engraissement, bedaine)
Ce que tu ne peux t'empêcher de manger, tout en sachant pertinemment que ce n'est pas raisonnable. Justement, je peux m’empêcher (j’ai du contrôle sur moi-même, moi) ; mais ce qui fait que je ne suis pas anorexique selon mon entourage, ben, c’est le chocolat/Nutella.
T. Tibia (flûte)
L'instrument de musique qui t'émeut le plus. Le piano. Puis la guitare, le saxophone, le violon. Et le violoncelle.
U. Ucalegon (nom d'un Troyen)
Le prénom masculin que tu choisirais si tu devais avoir un fils. Lazare. Cf article Q.
V. Video (je vois)
Cite trois films que tu as vus et commençant par la même lettre. Dis ce que tu en as pensé. Princess Diaries, que j'adore; Paris, je t'aime, que j'aime très beaucoup; Pride and Prejudice, que j'ai moins aimé, parce que Mr Darcy, ben, il est moche.
W. Wardo (le Gardon, rivière)
Observe un planisphère, et choisis un cours d'eau dont le nom te fait rêver. Que t'évoque-t-il? La rivière de Tittibawassee. Midland, Michigan, USA. (Sur un planisphère à échelle mondiale, bien entendu ^^).
X. Xysticus (gymnase)
Un sport que tu détestes particulièrement. Volley. (Pour une fois que je réponds par un singulier à une question au singulier…)
Y. Yssopum (hysope, arbrisseau)
Y a-t-il un arbre ou une plante qui garde une place particulière dans tes souvenirs? Ben, la tige de bambou (non, sans blague !) et les roses. Puis la lavande, les cyprès, les sapins, les œillets, les eucalyptus, la vigne vierge, la bruyère, les nénuphars. (Avouez qu’on peut difficilement faire appel à un souvenir singulier.)
Z. Zotheca (boudoir, cabinet de repos)
Décris la bibliothèque de tes rêves. Soit une bibliothèque à la Montaigne, avec des bibliothèques tapissant les murs jusqu’aux plafonds, des poutres apparentes, un grand bureau un peu patiné au milieu, des banquettes encastrées sous les fenêtres qui donnent sur un grand jardin ; soit une bibliothèque à ciel ouvert donnant sur la mer.
Oct 29, 2008
Chantier & souvenirs en stock
Maison en travaux. Les souvenirs et un présent en chantier se télescopent sans complexe, et sans heurts : une fusion parfaite qui amène d’autres vestiges déferlant sans bruit.
Tenez, prenez la porte de la lingerie, où est encastré au milieu un rectangle de verre sablé. Avant, les meubles entassés obstruaient toute lumière. Maintenant, la pièce est vide, étrangement grise et blanche ; les échos y crissent presque sur la nouvelle couche de peinture. La nuit, une lumière presque liquide et aérienne traverse les fentes des volets et joue un bien curieux jeu de chiaroscuro dans la pièce qui y baigne, irréelle. La porte est fermée et dans le couloir, le verre sablé s’amuse à tordre un peu plus les quelques ombres qui flottent, l’air perdu et déplacé dans cette maison si propre, si nette.
Seules les ombres des arbres sur le carrelage blanc de la salle de bains gardent une lueur angoissante, des ombres presque gravées à l’eau-forte, et dont le bruissement se fait entendre, lointain, persistant, comme une vague qui déferle, insistante et aveugle, à travers les fentes mal calfeutrées du Velux. On lève la tête, avec la vague impression d’un malaise au bout des doigts ; on voit la lune, la pleine lune blanche, piquée sur une tête de sapin amaigri par un jeûne précoce.
Tout va bien – on pourra aller se recoucher sans bruit, sans laisser au froid le temps de s’immiscer dans les veines.
Ou encore cette nouvelle ampoule dans la chambre, en attendant un lustre plus en accord avec la décoration. Le premier lustre était une espèce de grand parasol en papier, disposé à l’envers, qui diffusait une lumière tamisée, très douce pour guérir les yeux brûlés par les néons de la journée.
Maintenant… une unique ampoule ; une lumière crue, blanche et bleue. Aucun coin d’ombre, aucun moelleux (Diderot – leave this pen alone, will you ?); chaque recoin est anguleux, cisaillé, précis, net. La chambre est devenue chambre d’hôpital.
Mais il y a tout de même le nouveau tapis cramoisi, d’un beau rouge vivant qui se perd en chatoiements pourpres. Il y a aussi le rouleau de moquette neuve dans lequel sont enroulés tous les souvenirs d’un déménagement il y a maintenant… 9 ans. Dieu que le temps passe vite. Mais rien n’a changé – l’odeur de la moquette neuve est toujours aussi familière, toujours aussi douce ; elle amène avec elle celle de l’encaustique, omniprésente dans les maisons américaines vides, en attente d’habitants. Le bois blanc, effet “ancien” et les rideaux en dentelle beige.
C’était le premier Halloween que nous passions là-bas. Nous venions à peine d’arriver – nous préparions la maison. Restée seule dans cette maison qui me paraissait immense, merveilleuse, qui promettait beaucoup. Papa installait les tiroirs de la cuisine. Et toutes les cinq minutes – la sonnette et “Trick or treat !” Je regardais, un peu émerveillée, ce cortège de costumes qui venaient réclamer leurs bonbons, des costumes ridicules, beaux, farfelus, intrigants, soignés, repoussants qui semblaient se mouvoir à merveille dans leur élément nocturne.
Et savoir que le matin suivant, les rues seraient tout à leur prière silencieuse, décharnant un peu plus leurs arbres marrons, pour le Jour des Défunts – squelettes végétaux sous un ciel roulant et gris, peut-être une matinée d’école, les acorns à chercher sur le chemin ; tout cela démentirait le carnaval bariolé qui s’était déroulé la nuit d’avant.
A part, peut-être, quelques sacs en forme de citrouille oubliés sur le côté du trottoir.
Tenez, prenez la porte de la lingerie, où est encastré au milieu un rectangle de verre sablé. Avant, les meubles entassés obstruaient toute lumière. Maintenant, la pièce est vide, étrangement grise et blanche ; les échos y crissent presque sur la nouvelle couche de peinture. La nuit, une lumière presque liquide et aérienne traverse les fentes des volets et joue un bien curieux jeu de chiaroscuro dans la pièce qui y baigne, irréelle. La porte est fermée et dans le couloir, le verre sablé s’amuse à tordre un peu plus les quelques ombres qui flottent, l’air perdu et déplacé dans cette maison si propre, si nette.
Seules les ombres des arbres sur le carrelage blanc de la salle de bains gardent une lueur angoissante, des ombres presque gravées à l’eau-forte, et dont le bruissement se fait entendre, lointain, persistant, comme une vague qui déferle, insistante et aveugle, à travers les fentes mal calfeutrées du Velux. On lève la tête, avec la vague impression d’un malaise au bout des doigts ; on voit la lune, la pleine lune blanche, piquée sur une tête de sapin amaigri par un jeûne précoce.
Tout va bien – on pourra aller se recoucher sans bruit, sans laisser au froid le temps de s’immiscer dans les veines.
Ou encore cette nouvelle ampoule dans la chambre, en attendant un lustre plus en accord avec la décoration. Le premier lustre était une espèce de grand parasol en papier, disposé à l’envers, qui diffusait une lumière tamisée, très douce pour guérir les yeux brûlés par les néons de la journée.
Maintenant… une unique ampoule ; une lumière crue, blanche et bleue. Aucun coin d’ombre, aucun moelleux (Diderot – leave this pen alone, will you ?); chaque recoin est anguleux, cisaillé, précis, net. La chambre est devenue chambre d’hôpital.
Mais il y a tout de même le nouveau tapis cramoisi, d’un beau rouge vivant qui se perd en chatoiements pourpres. Il y a aussi le rouleau de moquette neuve dans lequel sont enroulés tous les souvenirs d’un déménagement il y a maintenant… 9 ans. Dieu que le temps passe vite. Mais rien n’a changé – l’odeur de la moquette neuve est toujours aussi familière, toujours aussi douce ; elle amène avec elle celle de l’encaustique, omniprésente dans les maisons américaines vides, en attente d’habitants. Le bois blanc, effet “ancien” et les rideaux en dentelle beige.
C’était le premier Halloween que nous passions là-bas. Nous venions à peine d’arriver – nous préparions la maison. Restée seule dans cette maison qui me paraissait immense, merveilleuse, qui promettait beaucoup. Papa installait les tiroirs de la cuisine. Et toutes les cinq minutes – la sonnette et “Trick or treat !” Je regardais, un peu émerveillée, ce cortège de costumes qui venaient réclamer leurs bonbons, des costumes ridicules, beaux, farfelus, intrigants, soignés, repoussants qui semblaient se mouvoir à merveille dans leur élément nocturne.
Et savoir que le matin suivant, les rues seraient tout à leur prière silencieuse, décharnant un peu plus leurs arbres marrons, pour le Jour des Défunts – squelettes végétaux sous un ciel roulant et gris, peut-être une matinée d’école, les acorns à chercher sur le chemin ; tout cela démentirait le carnaval bariolé qui s’était déroulé la nuit d’avant.
A part, peut-être, quelques sacs en forme de citrouille oubliés sur le côté du trottoir.
Oct 24, 2008
JAPD, ou Journée d'Apprentissage du Pire Désoeuvrement
Voilà. Je remercie l'Etat français qui m'a permis d'assister à la Journée d'Appel à la Préparation de la Défense pour m'enseigner que le mot pijule n'existe pas.
Si, si. Ce n'est pas une blague. Si vous ne le saviez pas, je vous l'annonce.
Blague à part, ce fut une journée grise à tout point de vue. La caserne en brique rouge, les arbres squelettiquement marrons, le bitume gris, les uniformes bleu marine, les manteaux noirs, les treillis khakis, le tout dilué dans une sorte de bruine, aux gouttes fines et perçantes.
Ce que j'en ai retenu? Un moment, comme fixé au polaroïd: quelques feuilles d'un vert étonnamment jeune sur le parking. Ah oui, et j'étais assise à gauche d'un beau gosse. Qui avait l'air plus doué que le reste des gens. (Ce qui n'est pas bien difficile, me direz-vous, mais bon, vous conviendrez qu'un tel voisinage n'a rien de désagréable pendant une journée comme la JAPD.)
A propos de rien, un goût sur les lèvres qui reste, celui d'un mocha sur Broadway.
Et la pluie qui brouille les phares rouges des camions; un parapluie vert acidulé qui s'attarde devant une vitrine, et repart vers Central Park.
Oct 22, 2008
S'il fallait tout expliquer...
C'était peut-être début automne. Ces moments hésitants entre une langueur d'été et un bruissement d'automne. Quelques arbres balbutiaient du roux, mais la plupart avait réussi à retenir encore un peu plus longtemps leur feuillage. On en était encore au matin, une aube qui s'attardait, légère, en pollen bleuté. Le soleil à travers les frondaisons, comme autant de fractales.
La rosée s'agglutinait à l'herbe. Il arriva de l'autre bout du pré, à contre-jour, une silhouette qui se rapprochait, se précisait. Il était en tenue de cheval, une cravache à la main. Le cheval le suivait. La cravache claqua une fois dans l'air qui oscillait entre infime sècheresse et infime humidité.
Un claquement, et l'atmosphère s'ouvrit en un crissement abrupt, une fine plaie mordorée, béante le temps d'une poussière de seconde.
Il continua sur le chemin, sifflant parmi les touffes de mauvaises herbes.
Bien plus tard, quand j'ai relevé la tête de la guitare, je me suis aperçue qu'il avait bruiné.
PS: of course, this doesn't mean anything.
Je me suis rendue compte que l'existence de travail en prépa augmentait le temps que je consacrais à des articles et diminuait celui que je consacrais à l'écriture de poèmes. Et inversement, quand je n'ai rien à faire en vacances, je privilégie les poèmes au détriment du blog. Voilà, c'est tout. Ca ne servait à rien, mais je voulais le dire.
Et les images qui m'arrivent du monde ces temps-ci sont surprenantes. Toutes en noir et blanc, aux angles adoucis, un peu gommés, recouverts d'une espèce de patine verbale, avec quelques points de couleur qui se détachent, nonchalants. Les yeux verts dans le miroir. Les escarpins rouges dans la rue, hier. Le ciel bleu d'automne à travers la fenêtre pendant les heures d'examen. Les dessins bleu pâle sur la boîte en fer blanc, celle où on met les bougies pour les gâteaux d'anniversaire. Les Ferrero Rocher et les Mon Chéri, maintes fois ré-arrangés, toujours en vrac. Et les boucles d'oreille en ambre sur la commode, que je n'ai toujours pas rangées.
La rosée s'agglutinait à l'herbe. Il arriva de l'autre bout du pré, à contre-jour, une silhouette qui se rapprochait, se précisait. Il était en tenue de cheval, une cravache à la main. Le cheval le suivait. La cravache claqua une fois dans l'air qui oscillait entre infime sècheresse et infime humidité.
Un claquement, et l'atmosphère s'ouvrit en un crissement abrupt, une fine plaie mordorée, béante le temps d'une poussière de seconde.
Il continua sur le chemin, sifflant parmi les touffes de mauvaises herbes.
Bien plus tard, quand j'ai relevé la tête de la guitare, je me suis aperçue qu'il avait bruiné.
PS: of course, this doesn't mean anything.
Je me suis rendue compte que l'existence de travail en prépa augmentait le temps que je consacrais à des articles et diminuait celui que je consacrais à l'écriture de poèmes. Et inversement, quand je n'ai rien à faire en vacances, je privilégie les poèmes au détriment du blog. Voilà, c'est tout. Ca ne servait à rien, mais je voulais le dire.
Et les images qui m'arrivent du monde ces temps-ci sont surprenantes. Toutes en noir et blanc, aux angles adoucis, un peu gommés, recouverts d'une espèce de patine verbale, avec quelques points de couleur qui se détachent, nonchalants. Les yeux verts dans le miroir. Les escarpins rouges dans la rue, hier. Le ciel bleu d'automne à travers la fenêtre pendant les heures d'examen. Les dessins bleu pâle sur la boîte en fer blanc, celle où on met les bougies pour les gâteaux d'anniversaire. Les Ferrero Rocher et les Mon Chéri, maintes fois ré-arrangés, toujours en vrac. Et les boucles d'oreille en ambre sur la commode, que je n'ai toujours pas rangées.
Dois-je encore expliquer pourquoi j'aime tant le jazz? Ca me réchauffe les doigts quand j'ai passé trop de temps à taper à l'ordinateur les dissertations. Et quand on dit jazz, tant de mots se téléscopent pour rendre compte de sa richesse. New York, blues, automne, mocha, terrasse d'un café, et ainsi de suite. Tous ont une saveur si particulière que je m'en veux de les dire tout haut. C'est un peu une trahison.
Je lance un appel désespéré: quelqu'un aurait la chanson Gate 22?
Oct 21, 2008
Taggin'
Profitant d'un creux dans les révisions, je réponds au tagging de Ultra Bee, abeille khâgneuse éminente, que je remercie de m'avoir citée dans son 'top 7'... Et je profite donc pour vous dresser une liste des petits bijoux que j'ai trouvés sur le web...Je déclare en passant Mimy hors-compétition puisque déjà taggée, ainsi que Khâgneux en voie de réinsertion, pour la même raison.
7 promis, 7 dus, les voici donc:
- Je t'emmène avec moi? : Tout simplement parce que. Dans la salle des pas perdus, je retrouve les échos de Maulpoix. C'est là que je viens pour retrouver un peu de tranquilité d'esprit.
- L'attente : Il y a quelque chose d'inaltérable dans ses mots. Elle réussit à saisir des moments pour leur donner une résonance universelle. A chaque fois que je lis ses textes, je pense: 'Et voilà. C'est ça que j'aurais voulu écrire.' Et puis, elle aime le mocha et Boris Vian.
- Nanis : Parce que c'est elle, parce qu'elle aime les haïkus, parce qu'elle sait toujours cristalliser l'évasion dans ses mots, et que chaque article est toujours une synesthésie réussie entre texte, musique, et photographie.
- Maéva : Parce que c'est elle aussi, et oui, la vie est une carotte, et c'est Tchékov qui a dû dire ça, mais en fait il n'a rien fait que copier sur M. Maillard.
- Un Balcon en Forêt : Des collages et des textes magnifiques. Une autre dimension. La nostalgie, la mélancolie comme je les aime.
- Lettres en l'air : La poésie surréaliste et vertigineuse à la fois. On s'en veut de parler, après coup.
- Cavatine : "Cavatine", et ça vaut toutes les explications. Si vous tenez vraiment à le savoir, ce mot est un de mes préférés.
Voilà. 7 que j'ai désignés sans ordre spécifique, mais que je n'irai pas taguer; si on vous demande pourquoi, vous direz que vous n'en savez rien.
N'est-ce pas?
Oct 5, 2008
Pluie du dimanche
On finit par s’habituer à tout, même au Nord. Dimanche matin, 8h, les grandes bourrasques, la pluie qui déferle en lames et qui, dans le vent, prend un aspect fantomatique, les livres qui s’entassent, les parfums de café en bas… On se croirait en novembre. Cela en devient presque agréable d’aller en cours, de prendre les notes au chaud tandis que le froid se casse les dents sur les toits métalliques, au-delà des vitres.
Salle 107. Une seule fenêtre, haute et étroite. De l’autre côté de la rue, la chapelle du lycée catholique d’en face, à demi-cachée par un arbre qui résiste encore à se faire dépouiller. Les teintes : gris plomb pour le ciel, marron pour la brique, vert sombre pour ce qu’il reste de l’arbre. Le tout a un petit air d’Oxford.
Les tenues d’hiver ont du charme. J’ai hâte d’être en décembre, pour pouvoir descendre en ville à midi, skipper la cohue de la cantine et me balader dans le froid. Bientôt les rues décorées, les parfums des fêtes, ces épices d’hiver.
J’ai vidé entièrement les malles que j’ai trouvées dans les recoins. Des cartes postales, des vieux livres, beaucoup de musique aussi, et des souvenirs de la salsa.
Je n’en demande pas moins, pas plus.
Salle 107. Une seule fenêtre, haute et étroite. De l’autre côté de la rue, la chapelle du lycée catholique d’en face, à demi-cachée par un arbre qui résiste encore à se faire dépouiller. Les teintes : gris plomb pour le ciel, marron pour la brique, vert sombre pour ce qu’il reste de l’arbre. Le tout a un petit air d’Oxford.
Les tenues d’hiver ont du charme. J’ai hâte d’être en décembre, pour pouvoir descendre en ville à midi, skipper la cohue de la cantine et me balader dans le froid. Bientôt les rues décorées, les parfums des fêtes, ces épices d’hiver.
J’ai vidé entièrement les malles que j’ai trouvées dans les recoins. Des cartes postales, des vieux livres, beaucoup de musique aussi, et des souvenirs de la salsa.
Je n’en demande pas moins, pas plus.
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